One Punch Man (volumes 1 à 5) : un blockbuster de plus ?

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21 août 2020 par sweetmadonna

Un peu plus de 4 ans après sa sortie, je découvre enfin ce premier volume de OPM (pour les initiés) ou One Punch Man pour les autres. Le titre avait enflammé la toile depuis ses débuts au Japon en 2012, l’incompréhension dominant sur son absence de sortie en France. C’est finalement les éditions Kurokawa qui emportent la mise, sortant ce premier tome quelques mois à peine après le début de son adaptation animée.

OPM a une genèse un peu particulière : tout d’abord diffusé uniquement sur le site Internet de son créateur, ONE, le titre jouit d’une popularité croissante sur la toile avant d’exploser totalement lors de son adaptation manga par Yusuke Murata, connu chez nous pour le titre sur le football américain, Eyeshield 21. L’œuvre des deux auteurs connait alors un succès impressionnant, et son arrivée en France est accueillie chaleureusement par les fans et lecteurs néophytes.

L’histoire ? A priori banale. Un héros se bat contre des méchants. Mais le titre se démarque immédiatement des autres histoires de combats classiques : notre héros Saitama est tellement fort qu’il bat tous ses adversaires en un coup de poing (d’où le titre). Saitama est un loser : chômeur sans avenir, désabusé, il décide de devenir un super héros et s’entraine alors jusqu’à devenir invincible. Les 8 chapitres de ce 1er tome (+ 1 bonus) nous le démontrent, nous parlant de la genèse de notre héros, le montrant affrontant des monstres terriblement fort écrasés comme de vulgaires moustiques (c’est le cas de le dire) et enchaînant les adversaires comme certains les cacahuètes.

On évite donc ici les écueils habituels : pas de héros qui s’entraine pour devenir de plus en plus fort (l’entrainement est déjà fait), pas de combats interminables (un coup de poing de notre héros et boum, c’est fini), pas de grand méchant ou de rival éternel… Bref, un premier tome qui change. Est-ce que l’arrivée d’un « disciple » va nous faire retourner vers du plus classique ? Est-ce que le « groupe de méchants » représentera l’ennemi à abattre pour notre héros ? Est-ce que l’entrainement intensif fera l’objet d’un long flashback ? Difficile à dire mais ne boudons pas notre plaisir : OPM se lit vite, se lit bien, et permet de s’évader aisément. Un vrai divertissement, avec la dose d’humour qui va bien.

Parlons quelques secondes du dessin : celui de ONE, sur son site Internet, est, sans être méchant, simplissime. Porté sur papier par Murata, le grand écart est étourdissant : l’auteur d’Eyeshield 21 fait preuve d’un immense talent, notamment pour le design des monstres. Il sait rester sobre pour notre héros et dynamique pour les combats. C’est vif, c’est maîtrisé. Du travail de pro en somme.

Sans présumer de ce que nous réservera la suite, ce premier volume d’OPM a de quoi satisfaire le lecteur néophyte ou « expert ». Original dans son point de vue, il est rythmé et soutenu par un graphisme sans faille. Vivement la suite, en espérant que le soufflet ne retombe pas de sitôt.

Deuxième volume pour OPM, avec un Yusuke Murata toujours au top. Ce tome est en effet l’occasion pour cet excellent dessinateur de nous offrir quelques monstres au graphisme époustouflant et quelques combats au dynamisme efficace. On ne s’ennuie pas dans ce volume, qui se lit d’une traite et réussit toujours là où le premier avait visé juste : on se divertit.

J’avais énoncé après la lecture de premier tome une crainte concernant un éventuel flashback sur l’entrainement de notre héros. Cette crainte est en grande partie effacée par ce volume où Saitama nous apprend quel a été son entrainement (à l’indignation extrême de son disciple) et où l’histoire bonus du tome nous montre un morceau de ce passé. On reste toujours dans l’originalité, on est toujours dans l’humour efficace (et absurde juste comme il faut), et on reste toujours très loin du manga de baston classique. En effet, si on croit, parfois, que notre héros va être mis en danger (à deux reprises dans ce tome), il n’en est rien et, toujours, un seul coup suffit pour remporter la victoire.

C’est peut-être finalement là le point faible de la série : Saitama trouvera-t-il un adversaire à sa hauteur ? Cela n’en prend pas le chemin et pas certain que la série puisse se contenter d’aligner les adversaires et les situations ubuesques pendant 20 tomes. Ceci dit, des titres plus axés humour le réussissent plutôt bien (cf Gintama) mais OPM ne semble pas avoir le profil correspondant. Nous verrons bien ce que la suite nous réserve…

Maîtrisé, hors cadre, graphiquement abouti, OPM continue sur sa lancée avec un second tome qui efface quelques craintes et en crée de nouvelles. Toujours aussi divertissant et fun, une lecture idéale en ce moment…

Place au 3ème volume d’OPM. Saitama et Genos vont donc passer l’examen de super-héros afin que Saitama puisse enfin être reconnu et un tant soit peu célèbre. Car malgré ses multiples exploits, personne ne le connait, et cela lui pèse énormément.

Ce tome est donc l’occasion pour ONE et Yusuke Murata de nous présenter l’association des Héros, son fonctionnement, son classement, quelques-uns de ses membres… Pas inintéressant, loin de là, puisque cela permet de donner un peu plus de volume au monde d’OPM et de varier un peu les histoires, nous focalisant sur d’autres héros mais aussi sur ce qui pourrait être la trame de fond de l’histoire, à savoir les raisons qui font que les monstres apparaissent.

Le titre bénéficie toujours des atouts des précédents tomes : un graphisme ultra léché avec un chara-design des monstres toujours aussi top, un humour absurde efficace et nos personnages tous plus déjantés les uns que les autres. Il y a un peu de Gintama dans cet OPM, et ce n’est pas pour me déplaire. A noter que les histoires bonus apportent un vrai plus, que ce soit sur le passé ou sur les événements annexes. Pas inutiles, et c’est tant mieux.

Toujours aussi fun, OPM se maintient avec ce 3ème tome et donne en plus envie de continuer l’aventure. Murata s’éclate, ça se voit, et nous prenons autant notre pied que lui. Un titre qui mérite vraiment la hype qui l’entoure.

Ce 4ème tome de One Punch Man propose toujours des éléments très efficaces (comme toute la partie sur la météorite), mais aussi des éléments moins rythmés qui se traduisent par une impression de lenteur dans la narration.

Le fait que nous soyons passés de 7 chapitres d’histoire principale au tome 2 à 4 chapitres dans ce volume ne doit pas y être étranger. Non pas que les histoires bonus soient inintéressantes, mais cette coupure nette dans l’histoire en cours, associée à un récit plus délayé qu’à l’accoutumée, rendent cette sensation de ralentissement plus prégnante.

Bref, il fallait bien commencer par râler un peu pour que la série ne se repose pas sur ses lauriers et se montrer plus exigeant après des débuts très prometteurs. Car graphiquement, Yusuke Murata nous montre que les scènes d’actions sont toujours son dada et que mettre en image la vitesse de ses protagonistes, après Sena dans Eyeshield 21 dont c’était la principale qualité, il sait faire, et avec brio. Quant à l’histoire… nulle doute que le prochain volume lui redonnera un coup de fouet tant les quelques portes entrouvertes depuis 2 tomes nous promettent de bons moments.

Si tout n’est pas parfait et que ce tome nous déçoit quelque peu, c’est avant tout parce que les précédents nous avaient proposé une histoire à cent à l’heure, sans trêve ni repos. Un léger coup de moins bien, que l’avenir fera passer au rang d’anecdotique.

Nous voilà donc déjà au 5ème volume de One Punch Man, ce qui devrait nous permettre de savoir si on a affaire à un titre qui mérite notre intérêt ou s’il s’agit uniquement d’un énième shônen enchaînant les combats sans réel but. Où se situe le titre de ONE et Yusuke Murata ?

Le volume 4 avait laissé un goût d’inachevé. En effet, pour la première fois depuis le début de la série, les auteurs nous embarquaient dans une histoire plus longue, et de ce fait moins rythmée que les précédentes. Une histoire qui nous aura permis de faire connaissance avec un nombre important de héros, de la classe C à la classe S. Il s’agit là du principal intérêt de ces (un peu trop) nombreux chapitres. Car sa conclusion est une nouvelle fois identique aux précédents combats, même si le suspense était inexistant (sinon, le titre serait usurpé). Le monde d’OPM s’étoffe donc un peu, l’humour est toujours efficace, les personnages toujours aussi décalés pour la plupart (mention spéciale à Pri-Pri Prisonnier et Sonic), et surtout, Yusuke Murata reste graphiquement au taquet, avec quelques designs et planches grandioses. LE véritable atout du titre, qui augmente considérablement le plaisir de lecture.

La série ayant déjà dépassé les 20 volumes, nous donnerons encore un peu de temps à OPM pour s’imposer définitivement parmi les tops du moment. Il en prend clairement le chemin, malgré des combats à l’issue connue d’avance, servi par un dessin et une mise en page terriblement efficaces.

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