Kid I Luck – Yuko Osada

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17 novembre 2014 par sweetmadonna

Découvert par Doki-Doki en 2006, Yuko Osada est arrivé en France avec son titre C[:si] (lauréat d’un Japan Expo Awards) et ses one-shot d’histoires courtes Magara et Gear Rally. Publié ensuite par Panini pour Toto the wonderful adventure puis par Kazé pour sa version (excellente) de Hokuto no Ken consacrée au personnage de Raoh, l’auteur voit désormais éditer ses oeuvres chez Ki-oon. Ainsi, après le très bon Run Day Burst (en 8 tomes, série terminée), c’est son titre le plus récent au Japon qui débarque chez nous, Kid I luck, un triptyque au pitch étonnant.

 

 

Kinjiro Yaoi est un voyou. Terreur de son lycée, son principal passe-temps est de se battre, encore et toujours. Un soir, il laisse son amie d’enfance, Kuriko, rentrer seule pour aller à un énième règlement de comptes. Mais Kuriko va se faire agresser sexuellement et va en être si marquée psychologiquement qu’elle sera incapable de mettre un pied en dehors de sa chambre… Après avoir tout essayé, Kinjiro ne voit plus qu’une seule solution : parvenir à faire rire Kuriko. Mais étant donné qu’il n’a aucun sens de l’humour, la partie est loin d’être gagnée…

 

Vous l’aurez peut-être compris avec mon introduction mais Yuko Osada fait partie de ces auteurs que j’apprécie particulièrement, de part leur univers et leur style propre, loin d’un stéréotype et d’un moule actuel très formaté. Kid I Luck apparaît déjà comme une oeuvre à part, tout du moins pour nous. Car voici typiquement le genre de titre qui peut fortement souffrir de son adaptation en français. Alors qu’un très grand nombre de passages de Kid I Luck concerne des jeux de mots, il faut reconnaître que le lecteur ne rigole jamais franchement et ne sourit qu’en de très rares occasions, alors que les personnages eux s’esclaffent carrément. Impossible de savoir si cela vient tout simplement du fait que les blagues n’étaient pas vraiment drôles d’origine ou si le jeu de mots perd toute sa puissance dans la traduction/adaptation mais on est certain d’une chose : Kid I Luck n’est pas un monument de l’humour, loin de là. Mais ce n’est pas pour autant que le titre est à jeter car il possède un grand nombre de qualités.

 

Capture

 

L’un des premiers atouts du titre, c’est qu’il se lit vite. Toujours aussi bon pour rendre son titre fluide, Yuko Osada est très clair dans sa narration et ne cherche pas à embrouiller son lecteur dans des labyrinthes tortueux : Kinjiro va tenter d’apprendre à faire rire, va se trouver un objectif, va se trouver un maître, va s’entraîner, va se trouver un rival, va tenter de l’affronter. Bref, c’est certes très classique dans la forme, mais c’est surtout lisible, clair et efficace. Et si le scénario permet une lecture fluide, le graphisme de Yuko Osada appuie cette impression : avec un style bien à lui, l’auteur permet une identification aisée des protagonistes principaux et secondaires, fait parfaitement paraître les émotions et sait faire vivre ses planches. Sous une couverture au trait un peu grossier se cache en fait un trait plus fin et détaillé, qui passe aussi bien en noir et blanc qu’en couleurs, et qui reste efficace dans les passages d’action, ceux plus contemplatifs ou ceux orientés tranches de vie. Bref, pas de défaut majeur de ce côté, les personnages principaux de Yuko Osada ayant même clairement la classe.

 

Côté histoire, nous avons donc un scénario plutôt linéaire dans ce premier volume (sur 3, rappelons-le). Lorsque Kinjiro se met en tête que le seul moyen de sortir son amie Kuriko de sa torpeur est de la faire rire, il fonce, tout simplement. Cherchant à se faire accepter par le club de comédie du lycée, puis à devenir le disciple d’une camarade anonymement célèbre grâce à une émission de radio, Kinjiro va surtout rencontrer son plus grand rival : Morinaga, le président du club de comédie et accessoirement amoureux caché de Kuriko. Les deux, outre leur rivalité « amoureuse » (les guillemets sont de rigueur car Kinjiro n’est pas le petit ami de Kuriko et que Morinaga n’est pas grand chose pour la jeune fille), deviendront également rival sur un autre terrain : le tournoi d’humour organisé par le fameux duo d’animateur radio Hamamiya, dont Kuriko est fan. Un duel qui devrait occuper une bonne partie de la suite !

 

Capture

 

Yuko Osada essaie donc de mettre en place un titre au ton à cheval sur deux ambiances : l’une plus dramatique, avec ce qui est arrivé à Kuriko et ses conséquences, l’autre plus légère, avec le « concours de blagues » qui prend une bonne partie du récit. Si la première n’est finalement abordée que par à-coups, la seconde n’est pas franchement réussie, comme déjà explicité plus haut. Et pourtant, le tome se lit assez facilement et on aimerait bien que Kinjiro réussisse à s’en sortir et à proposer des blagues vraiment drôles, ce qui n’est clairement pas encore le cas. On espère donc que le second volume saura évoluer dans le bon sens et que Yuko Osada ne nous décevra pas. Rendez-vous le 11 décembre pour découvrir le tome 2.

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5 réflexions sur “Kid I Luck – Yuko Osada

  1. Hana dit :

    Hello !
    Je l’ai lu aussi, et il est vrai que le principal souci est celui que tu as cité dans ton article : l’humour… Qui plus est pour les jeux de mots, il est clair que l’humour fonctionne différemment suivant la langue et que le transcrire dans une autre est un pari assez risqué :/
    M’enfin la lecture ne m’a pas déplu pour autant, à voir pour la suite ^^

    • sweetmadonna dit :

      J’attends aussi de voir ce que nous réservent les deux derniers volumes. J’aime bien l’auteur, son style global, reste plus qu’à espérer rire aux blagues qui semblent drôles… C’est tout de même l’une des toutes premières fois où je me pose cette question de l’adaptation française en lisant un titre. Parfois, tu te dis que cela aurait pu être meilleur, mais jamais tu te dis que le problème est vaste et semble être sur quasiment chaque blague. L’humour totalement axé sur les jeux de mots ne doit pas y être étranger. Le comique de situation ou l’humour absurde fonctionne plus facilement et est plus aisément adaptable. Là, je pense que le traducteur/adaptateur est tombé sur un os…

  2. Bidib dit :

    Je n’ai pas lu ce titre mais le « trait un peu grossier » de la couverture m’avait séduit. Je ne peux pas en dire autant des planches qui illustrent ton article 😦
    Finalement je crois que je vais passer mon chemin, ce titre ne semble pas me convenir (c’est mon porte monnaie qui va être content ! 🙂 )

    • sweetmadonna dit :

      Si tu veux tester du Yuko Osada à moindre frais, tu as deux recueils d’histoires courtes trouvables d’occasion, Magara et Gear Rally. Tu peux aussi essayer C[:si]. Personnellement, j’aime beaucoup le style de l’auteur, très moderne et « vivant ». Run Day Burst est vraiment sympa et son Ken pète bien. Faut lui donner sa chance ! 🙂

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