Kurenai Sanshiro – Ippei Kuri et Tatsuo Yoshida

Poster un commentaire

3 octobre 2014 par sweetmadonna

Connu en France pour son adaptation animée sous le nom de Judo Boy, Kurenai Sanshiro arrive en France chez Isan Manga. L’édition qui nous est proposée contient la série d’origine, écrite par Ippei Kuri, et quelques histoires courtes reprenant le personnage de Sanshiro et réalisées par son frère, Tatsuo Yoshida.

 

Kurenai Sanshiro – Judo Boy – : © TATSUNOKO PRODUCTION

 

Ippei Kuri et Tatsuo Yoshida, une histoire de famille

 

Forcément, en ne lisant que le nom des deux auteurs de cet ouvrage, rien ne semble particulièrement remarquable. Et pourtant, Ippei Kuri et Tatsuo Yoshida sont frères et ce dernier est à l’origine de la création de l’une des plus célèbres sociétés de production d’animés japonaises, Tatsunoko. Fondée par les 3 frères Yoshida, la société a été à l’origine des célèbres séries TV Gatchaman (La bataille des planètes), Mach Go Go Go, Judo Boy… Un succès au long cours qui en ferait presque oublier que Ippei Kuri était avant tout un dessinateur et qu’il désirait faire carrière dans le manga. Kurenai Sanshiro est là pour le rappeler. L’auteur était par ailleurs présent lors de la dernière édition de Japan Expo : http://www.japan-expo-paris.com/fr/animations/lunivers-dippei-kuri_1238.htm

 

Oeil pour oeil

 

Sanshiro est un expert en art martial et est l’héritier de l’école Kurenai. Lorsqu’il voit son père perdre lors d’un combat et mourir, il se jure de retrouver son adversaire. Son seul indice : un oeil de verre arraché par son père à son meurtrier. Une longue chasse à l’homme débute alors pour Sanshiro, l’homme au judogi rouge, qui se jettera sur chaque piste. Ainsi, dès qu’il apprend qu’un combattant borgne existe, il part à sa recherche pour l’affronter et venger le décès de son père, et ainsi rétablir la grandeur de l’école Kurenai.

Kurenai Sanshiro - Judo Boy - : © TATSUNOKO PRODUCTION

Kurenai Sanshiro – Judo Boy – : © TATSUNOKO PRODUCTION

 

Le scénario de base de Kurenai Sanshiro ne fait pas forcément dans l’originalité puisqu’il y est question d’une vengeance et d’un combattant souhaitant perfectionner son art pour atteindre son objectif. On suit donc Sanshiro dans sa recherche du meurtrier de son père, affrontant ses adversaires, devant s’entraîner pour s’améliorer et vaincre le prochain… Du très classique donc, de la femme et l’enfant accompagnant le héros au mentor lui permettant d’apprendre une nouvelle technique. Mais, comme toujours, il ne faut pas oublier le contexte : le titre est sorti en 1968-1969, et ce qui peut, aujourd’hui, nous paraître du déjà-vu et revu l’était sans doute moins à l’époque.

 

 

Comme dit plus haut, ce volume de Kurenai Sanshiro ne contient pas seulement l’histoire originelle d’Ippei Kuri. Il contient en effet des récits courts autour de Sanshiro réalisés par Tatsuo Yoshida et ne reprenant pas le récit où l’avait laissé son frère (qui offrait une fin ouverte). Il s’agit d’histoires où Sanshiro chevauche une moto et parcourt le grand ouest américain, luttant contre l’injustice et se conduisant en héros. Des récits classiques, plutôt efficaces, et qui permettent de mieux comprendre le synopsis fourni par l’éditeur qui concerne plus ces histoires bonus que l’intrigue principale. Graphiquement, le style est parfaitement ancré dans son époque et en adéquation avec son thème. Le manque de dynamisme de certains planches empêche d’apprécier pleinement les techniques de combat montrées. On restera par contre étonné de voir aussi peu de différences dans le style des deux frères, très similaire.

 

Kurenai Sanshiro - Judo Boy - : © TATSUNOKO PRODUCTION

Kurenai Sanshiro – Judo Boy – : © TATSUNOKO PRODUCTION

 

Un petit mot sur le titre français donné à l’adaptation animée du manga lorsqu’elle est arrivée chez nous, Judo Boy. Certes, on peut trouver ce nom erroné et se dire que, vraiment, aucun effort n’était fait à l’époque pour trouver un nom qui convienne au contenu des oeuvres (les exemples sont nombreux, pas besoin d’en citer). Et pourtant… si Sanshiro est en effet élève de l’école Kurenai, qui propose un mélange d’arts martiaux, sa manière de combattre est très ressemblante avec le sport fétiche de Teddy Riner. Et, comme il est précisé plusieurs fois au cours du récit, Sanshiro possède un judogi, le vêtement des judokas. Au final, ce titre qui pouvait paraître farfelu ne l’est pas tant que cela.

 

 

Finissons par un petit mot sur la qualité d’édition de ce volume. Comme toujours avec Isan, pas de mauvaise surprise : nous avons en mains un bel objet, c’est indiscutable. Mais on en revient de nouveau au reproche déjà fait précédemment : l’absence d’appareil critique. Et celui présent sur La nouvelle île au trésor nous fait encore plus regretter son absence dans Kurenai Sanshiro. Quelques petites informations complémentaires sur les frères Yoshida, sur la place de Kurenai Sanshiro dans leur carrière, des précisions sur les courts récits de Tetsuo qui viennent à la suite du manga d’Ippei Kuri… Bref, de quoi permettre au lecteur de positionner le titre dans un contexte. Espérons que les prochains titres de l’éditeur proposeront ce genre de bonus toujours très appréciable dès lors qu’il s’agit d’oeuvre anciennes et emblématiques.

 

 

Si, dans sa construction et dans son trait, Kurenai Sanshiro se révèle classique et sans surprise, le récit demeure efficace dans son genre. Soutenu par une édition de grande qualité, l’oeuvre d’Ippei Kuri ne fera pas tâche dans votre bibliothèque, bien au contraire. A réserver néanmoins aux curieux.

 

 

 

 

 

Publicités

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s

%d blogueurs aiment cette page :