Contes du Japon d’autrefois – Kazuichi Hanawa

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4 septembre 2014 par sweetmadonna

Parfois, comme ça, au détour d’un rangement d’étagère qui aurait du être fait depuis des lustres, on trouve des bouquins qu’on ne connaissait pas. C’est ainsi que Contes du Japon d’autrefois, de Kazuichi Hanawa et édité par Kana dans sa collection Sensei a atterri dans mes mains, possédé par ma moitié sans que je le sache. Le thème étant intéressant et l’auteur pas un total inconnu, c’est avec beaucoup d’intérêts que je me suis lancé dans la lecture de ce one-shot d’un peu plus de 250 pages. Au programme : 11 chapitres, chacun traitant d’un conte japonais, mais sous un angle différent de celui qu’on lui connait. Ne vous attendez donc pas à une illustration des dits contes mais à une vision autre et un point du vue différent.

 

 

L’auteur Kazuichi Hanawa

 

Né en 1947, Kazuichi Hanawa débute sa carrière de mangaka en 1971 dans le célèbre magazine Garo. S’illustrant d’abord dans l’ero-guro (La demeure de la chair, disponible en France chez Lézard Noir), l’auteur va progressivement proposer autre chose, écrivant des titres sur les thèmes du Moyen-Age ou du bouddhisme notamment. C’est en 2001 que paraitra le one-shot Contes du Japon d’autrefois dont il sera question ici. L’une des particularités de l’auteur est d’avoir fait de la prison (port d’arme illégal), séjour dont il s’est inspiré pour écrire deux mangas, tous deux disponibles en France : Dans la prison, publiés chez Ego comme x et Avant la prison, publié par Vertige Graphic. Le premier a été un véritable phénomène au Japon, interrogeant les japonais sur les conditions de détention dans leur pays.

 

Il était une fois… mais pas tout à fait

 

Comme indiqué plus haut, il ne faut pas chercher dans ce recueil une illustration de célèbres contes japonais. En effet, Kazuichi Hanawa ne va pas nous raconter l’histoire de Momotaro, celle de Urashima Taro ou encore celle de la princesse Kaguya. Non, il va nous présenter, au milieu du quotidien de paysans du Moyen-Age, des éléments de ces contes en ancrant leurs mystères et leur côté fabuleux dans la vie de tous les jours. Ainsi, on va voir Momotaro revenir de son long voyage, Urashima Taro faire un tour dans le village après être revenu du monde sous-marin, Kaguya se préparer à partir sur la lune… Il sera donc beaucoup plus facile de s’immerger dans les histoires narrées par Hanawa si les contes abordés sont connus du lecteur, puisque l’auteur s’amuse avec les personnages, les thèmes, les conclusions, les morales de ces contes pour nous offrir un point de vue différent. L’une des particularités des différents récits est de voir à quel point des personnes lambda, face à du merveilleux, de l’inconnu, de l’inattendu, peuvent aussi facilement assimiler ces événements et considérer qu’ils sont dans la norme, sans forcément que cela change quelque chose dans leur vie. Un point de vue original, même si, finalement, on aurait sans doute aimé un plus grand lien entre les contes d’origine et les histoires proposées par l’auteur.

 

Dans sa présentation du titre, Kana insiste sur le graphisme de Kazuichi Hanawa, très détaillé, parfois proche de l’estampe, immersif. Et s’il est vrai que ces qualités sont bien présentes, on restera un peu déçu du manque de variété proposé dans le chara-design des personnages d’une histoire sur l’autre, à tel point que l’on referme ce one-shot en se demandant si les personnages de tous ces chapitres sont les mêmes ou non, malgré des situations familiales différentes. Compliqué donc de ce côté-là mais ce n’est, au final, pas foncièrement dérangeant.

 

image Actuabd

 

Un petit mot sur l’édition maintenant. Dans un grand format, le titre ne possède pas de jaquette mais se termine par une postface très intéressante d’une mangaka célèbre et réputée, qui ne tarit pas d’éloges sur le travail d’Hanawa : Rumiko Takahashi, à qui l’on doit Ranma 1/2, Urusei Yatsura (Lamu), Maison Ikkoku, Inuyasha ou encore Rinne. Cette postface donne fortement envie de se pencher sur le reste de la bibliographie de l’auteur et il est fort possible que je tente de me procurer d’autres titres d’Hanawa prochainement. Ces quelques pages sont suivis d’un court mot d’Hanawa, plutôt… évasif.

 

Conclusion

 

Si, en achetant cet ouvrage, vous vous attendiez à lire des contes japonais célèbres, la déception sera forcément au rendez-vous. Ici, les contes ne sont que prétextes pour une mise en scène du quotidien de paysans, où le fabuleux apporte son aide dans la réalisation de choses simples. Une morale parfois présente, parfois plus discrète, pour des histoires empreintes de magie et de mystères. A découvrir, notamment pour tous les amoureux du folklore nippon.

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2 réflexions sur “Contes du Japon d’autrefois – Kazuichi Hanawa

  1. bidib dit :

    ah bah! justement je viens d’ajouter ce manga dans ma wish-liste 🙂
    Merci, me voilà déjà plus éclairé sur l’oeuvre qui m’avait attiré par son thème.
    Après t’avoir lu j’ai toujours aussi envie de découvrir ce manga, mais avant je vais aller faire un tour du côté des livres de contes, histoire de savoir de quoi il parle ^^

    • sweetmadonna dit :

      Certains contes doivent forcément te dire quelque chose si tu lis pas beaucoup de mangas. Momotaro, Urashima Taro, Kaguya, ce sont des figures connues. Je trouve qu’il est assez dommage de ne pas avoir un appareil critique avec ce genre de titres, pour éclairer le lecteur sur les références. Mais on a au moins la postface de Rumiko Takahashi et c’est déjà pas mal. N’hésite pas à venir donner ton avis une fois le titre lu. 😉

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