L’attaque des titans – Hajime Isayama

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29 août 2014 par sweetmadonna

L’attaque des titans est le nouveau phénomène éditorial qui secoue fortement la sphère manga/anime depuis plus d’un an désormais. Le manga de Hajime Isayama, publié en France chez Pika, arrive à son huitième volume chez nous (le tome 9 sort le 3 septembre – oui, mercredi prochain), ce qui correspond à peu près à la fin de la saison 1 de son adaptation animée, à l’origine du carton actuel de la série sous nos contrées. Retour sur les 8 premiers tomes de la série qui a récemment détrôné One Piece dans les tops de ventes japonais (et ce n’est pas un mince exploit !).

 

SHINGEKI NO KYOJIN © 2010 Hajime ISAYAMA / Kodansha Ltd

 

L’immense réussite commerciale

 

Lorsque l’on parle de L’attaque des titans (Shingeki no Kyojin en VO), on remarque souvent l’utilisation de superlatifs à foison. Et, pour une fois, il faut reconnaître que ceux-ci sont utilisés à raison car le succès actuel du titre, surtout au Japon (difficile d’avoir des chiffres de ventes réels des éditeurs français, hormis quelques chiffres de tirages par forcément super fiables, ou L’attaque des titans se situerait sur 2013 en 7ème position avec environ 40 000 exemplaires par tomes), est absolument hors normes. Si les premiers volumes se vendent très bien (les 9 premiers volumes s’étaient vendus à environ 10 millions d’exemplaires), la diffusion de la série animée va tout bouleverser, transformant un succès en véritable triomphe, les derniers chiffres de tirages japonais faisant état de 40 millions d’exemplaires en circulation pour seulement 14 volumes, avec un tirage initial unitaire à 2,75 millions. Seul One Piece fait mieux. Un raz de marée. Le titre est d’ailleurs un tel succès depuis la sortie de l’animé que pour la première fois depuis 5 ans, One Piece ne se retrouve plus en tête des ventes par série. En effet, le bilan semestriel de l’Oricon pour la période novembre 2013 – mai 2014 place L’attaque des titans très largement en tête avec plus de 8 millions d’exemplaires vendus contre « seulement » un peu moins de 5 millions pour le shonen fleuve d’Eiichiro Oda. Une prise de pouvoir nette et tout sauf anecdotique. Le succès est tel que chaque tome sort en 2 versions, une version normale et une édition limitée, le plus souvent avec un OAD, et que l’univers de la série se voit doter de plusieurs spin-offs dont les ventes sont très satisfaisantes. Si Hajime Isayama, par le biais de son éditeur, continue à affirmer que le titre ne durera plus que 3 ou 4 ans, atteignant ainsi les 20/25 volumes, on ne peut s’empêcher d’imaginer la série se poursuivre encore et encore, l’auteur ayant déjà semble-t-il prévu de modifier la fin initiale de son histoire pour ne pas trop décevoir les fans… Bref, tout ceci n’est que supputations mais une chose est sûr : L’attaque des titans est LE carton des années 2010. Un phénomène qui doit énormément à son adaptation animée (que je n’ai pas regardé, car pas trop le temps, mais que je materais peut-être sur France 4 lors de sa diffusion qui débute le 5 septembre)

 

Hajime Isayama

 

Comme Eiichiro Oda ou Masashi Kishimoto avant lui, Hajime Isayama va connaître un succès fulgurant avec sa toute première série prépubliée, après quelques courtes histoires remarquées. Né en 1986, c’est un 2009 qu’il débute L’attaque des titans dans le Bessatsu Shonen Magazine de Kodansha. Le succès est immédiat et la série remporte le Prix Kodansha de sa catégorie en 2011, tout en étant également nommé pour les prestigieux prix manga Taisho et prix Osamu Tezuka. Un succès commercial donc mais également un succès critique, que cela soit auprès du public ou de ses pairs. A seulement 28 ans, Hajime Isayama est devenu le mangaka vendant le plus de volumes dans son pays en 2014. Le succès est tel que les produits dérivés se multiplient : 3 séries de manga spin-off, des lights novels, des jeux vidéo, une version animée dont la seconde saison est fortement attendue par les fans ou encore un film live en cours de préparation… Bref, un succès grandiose et une ascension fulgurante pour un auteur au final très jeune et qui possède donc a priori un potentiel d’amélioration important. On a hâte de voir ça.

 

Avant de parler plus en détails de la série, voici son synopsis officiel chez Pika, son éditeur français ravi d’avoir eu le nez creux :

 

Rejoins le combat !

Il y a plus d’un siècle, les Hommes vivaient en paix. Mais, un jour l’Humanité a été presque entièrement décimée par des êtres gigantesques, les Titans. Personne ne sait d’où ils viennent ! Une chose est sûre, ils semblent animés par un unique but : dévorer les humains, un par un ! Depuis, les derniers rescapés ont bâti une place forte, une cité cernée de hautes murailles au sein de laquelle vivent leurs descendants. Ignorants tout du monde extérieur, ils se pensent au moins à l’abri des Titans ! Mais leurs vies basculent le jour où surgit un Titan colossal…

 

 

On en profite pour mettre aussi la bande annonce VOSTF de la première saison de l’animé, disponible chez Wakanim (et bientôt en coffrets DVD/BR il me semble – moi et les animés…) :

 

 

L’homme n’est plus au sommet de la chaîne alimentaire

 

Le concept de base de L’attaque des titans est assez simple : un monde post-apocalyptique, où l’espèce humaine a presque entièrement été décimée par un mal terrible. La différence avec les titres habituels du genre c’est qu’ici il n’est pas question de catastrophe climatique, hiver nucléaire ou invasion extra-terrestre (quoique, on ne sait jamais) mais d’une attaque subite et violente de titans, des êtres immenses à la puissance effrayante et avides de chair humaine. Ces évènements se sont apparemment déroulés il y a plus de cent ans et personne ne sait plus vraiment comment tout a débuté. Les survivants vivent désormais derrière des murs gigantesques, les protégeant des assaillants. Sauf qu’un jour, un titan « colossal » (comprendre par là encore plus grand que les plus grands des titans) fait son apparition et commence à détruire la muraille protégeant les habitants… Afin de lutter contre leurs agresseurs et pour trouver des ressources nécessaires à leur survie, les humains ont créés des troupes d’élite, certaines ayant vocation à faire des sorties « à l’extérieur », comme le bataillon d’exploration. Des postes extrêmement dangereux pas forcément convoités, les places bien à l’abri au centre de la cité étant les plus prisées. Nous allons suivre un trio d’amis d’enfance, dont la vie va basculer lors de l’irruption de ce titan colossal : Eren, fils d’un scientifique et héros de cette histoire, Mikasa, amie d’enfance et très proche d’Eren, et Armin, l’intello de la bande. Très complémentaire, le trio va passer les sélections afin d’entrer dans l’armée où ils deviendront membre de bataillon d’exploration, dans le but de trouver un moyen de vaincre les titans et donc de retrouver une vie normale. Parmi les personnages secondaires, un se fait plus particulièrement remarqué (il est d’ailleurs le chouchou des demoiselles lectrices de la série) : le caporal Livaï. Courageux, efficace, charismatique et d’un caractère affirmé, il est considéré comme le soldat le plus fort qui existe et sera d’une grande aide pour nos amis à différents moments du récit. Le personnage est si populaire que l’un des spin-off de la série lui est consacré (le titre devrait d’ailleurs sortir en France sous peu puisque Pika semble vouloir mettre le paquet sur sa nouvelle licence phare).

 

SHINGEKI NO KYOJIN © 2010 Hajime ISAYAMA / Kodansha Ltd.

 

Voici donc le décor grosso-modo planté (oui, j’ai fait quelques raccourcis). Le scénario de L’attaque des titans soulève de nombreuses questions, dont les réponses apportées permettront de faire du titre ou non une vraie réussite : d’où viennent les titans ? Qui a construit les murs et comment ? Sur quoi travaillait le père d’Eren ? Que cache le souterrain de la maison d’Eren ? Pourquoi certains humains semblent-ils pouvoir se transformer en titans ? D’où provient le titan colossal et pourquoi n’attaque-t-il pas plus régulièrement ? Et tout un tas d’autres questions plus ou moins complexes, plus ou moins pertinentes, plus ou moins importantes pour la suite. Dans tous les cas, Hajime Isayama semble avoir réussi à créer un titre où les questionnements sont nombreux, les intérêts tout autant et les cliffhangers, présents à foison, efficaces. Nul doute que le succès de la série vient en grande partie de l’intérêt qu’elle suscite via tous ces mystères. Et, bien entendu, le succès de sa version animée a sans doute attiré des lecteurs qui ne se seraient pas forcément penchés sur le titre sans son aide. Car au départ, rien n’était assuré quant au succès de la licence en France…

 

En effet, le principal défaut que l’on peut trouver au manga et qui a été grandement gommé dans la version animée est son graphisme très brouillon, que certains qualifient même de franchement moche. Ce jugement se révèle au final un peu excessif (cf la page ci-dessus par exemple, loin d’être dégeu). Le trait global contient en effet plusieurs défauts, mais sans que cela ne soit totalement rédhibitoire. Si beaucoup pointent une faiblesse dans le dessin des corps, des bras ou des proportions un peu étranges (même si les titans aux proportions bizarres semblent voulus – cf image ci-dessous), Hajime Isayama a aussi parfois du mal à imposer un chara-design tranché pour les personnages secondaires, provoquant parfois des difficultés de compréhension. On notera enfin que certaines scènes de combats manquent de fluidité et de clarté, ne facilitant pas la lecture des attaques des différents belligérants. Mais comme il s’agit de la première longue série de l’auteur et que celui-ci est encore jeune, on peut se dire qu’il ne peut que s’améliorer. Le dessin du titre était donc son principal frein pour une réussite en France, point totalement effacé par la version bien plus lisse et efficace que l’animé. Malgré tout, le trait d’Isayama possède un certain charme. Ses titans sont impressionnants, imposants, répugnants, et certaines scènes offrent un rendu excellent. Tout n’est donc pas à jeter à ce niveau-là. Mais un autre souci pointe assez rapidement le bout de son nez : la narration. Usant très souvent de flashbacks plus ou moins éloignés (plusieurs années ou seulement quelques heures), Hajime Isayama ne permet pas forcément tout de suite au lecteur de se situer chronologiquement dans la trame globale. Ainsi, il n’est pas rare d’avoir l’impression que l’on a loupé un truc avant finalement de comprendre que la situation que l’on lit découle d’événements qui nous seront racontés un peu plus loin. Bref, des transitions assez mal gérées mais que l’on doit moins ressentir lors d’une lecture continue de la série. Ou juste une habitude à prendre.

 

titan2

 

Malgré ces quelques points, ainsi qu’un côté parfois un peu irritant dans les indécisions des personnages ou des moments trop loquaces et pas forcément utiles, L’attaque des titans est un titre qui se dévore rapidement, avec un univers riche (la bonne idée d’avoir confiné l’humanité entre 4 murs donnent tout le loisir de broder autour sans forcément provoquer d’incohérences) et qui pose un nombre conséquent de questions auxquelles l’auteur devra répondre. Le scénario, oppressant, semblait partir vers du dramatique absolu, avec une fin où peu de personnages survivraient. Mais on voit désormais mal comment l’un ou l’intégralité de nos 4 personnages principaux pourrait rendre l’âme en cours de série. Mais cela n’a finalement que peu d’importance car le contenu est pour le moment à la hauteur du buzz généré, et c’est suffisamment rare pour le souligner. Si les quelques défauts énoncés empêchent le titre d’être dans mon top du moment, il fait certainement partie des titres indispensables à avoir dans sa mangathèque. Et le tome 9 qui arrive le 3 septembre dans nos librairies permettra aux fans ayant découvert la série via l’animé d’enfin connaitre la suite ! Le phénomène n’est pas prêt de s’arrêter !

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2 réflexions sur “L’attaque des titans – Hajime Isayama

  1. dio brando dit :

    Certes pour moi l’attaques des titans est à connaitre, mais pensez vous que l’auteur va perdre les boulons suite à son gros succès ? ( Il a quand même changé la fin ! ) Sinon je pense que One Piece sera premier des vente en fin d’année.

    • sweetmadonna dit :

      Ce qui est bien avec le système de publication japonais, c’est que l’auteur n’est pas tout seul pour gérer sa série et son histoire (cela peut aussi avoir des effets pervers cela dit). Du coup, non, je ne pense pas que Isayama va « perdre les boulons ». La fin qui changerait, c’est forcément du conditionnel et sujet à modifications tout du long de la publication, suivant les idées et l’évolution de l’histoire dans la tête de l’auteur et de son éditeur. Tout comme prendre en compte l’avis des fans est nécessaire, le titre existant grâce à eux. En ce qui concerne le premier des ventes en fin d’année, je pense que L’attaque des titans sera loin devant (vers les 15/16 millions contre 10/12 pour One Piece). Réponse en novembre. 😉

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