Fate/Zero – Shinjirô, Gen Urobuchi, Type-Moon

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20 août 2014 par sweetmadonna

Après un premier article sur Magdala Alchemist Path, les éditions Ototo font leur retour sur le blog avec un article pas du tout prévu à la base sur le titre Fate/Zero. Alors que le tome 4 sort le 28 août prochain, retour sur les 3 premiers opus de la série. Et si faire un point après 3 volumes est totalement du au hasard (et à la proposition alléchante de la part d’Ototo), ce n’est finalement pas une mauvaise chose puisque c’est dans ce 3ème volume que nous faisons connaissance avec le septième et dernier servant, jusque là inconnu. Oui, un servant. Vous ne savez pas ce qu’est un servant ? Pas de soucis, je vais essayer, grâce à la magie d’internet, de vous faire un petit topo sur la longue et chargée histoire de la licence Fate, dont il ne s’agit pas ici des premiers pas en France, loin de là…

 

FateZero-3-Jaq-ok

Fate/zero 3 © Shinjiro (YEAR) © Nitroplus / TYPE-MOON Edited by KADOKAWA SHOTEN First published in Japan in 2012 by KADOKAWA CORPORATION, Tokyo.

 

Les origines de la saga :

 

 

A l’origine de tout, il y a un studio de jeux vidéo nommé Type-Moon. Leur spécialité ? Les visual novels. Oui, encore un terme un peu barbare pour le néophytes. Qu’est-ce qu’un « visual novel » ? Il s’agit en fait d’un jeu vidéo d’un type un peu particulier, avec un déroulement narratif important, de longues phases de dialogues, un scénario que l’on pourrait croire sorti d’un roman, mettant finalement l’action au second plan. En gros, un jeu qui se révèle finalement très proche d’une production animée. Enfin j’ai compris cela ainsi, n’hésitez pas à me faire part de vos précisions ! ^^ Bref, à l’origine donc, on a Type-Moon et ses jeux vidéos. Et pour commencer, Type-Moon crée le jeu qui va lancer sa carrière, Tsukihime. Adapté en animé et en manga (disponible en France chez Ki-oon), le titre verra une nouvelle licence naître dans le même univers : Fate Stay/Night. Gros succès, le jeu vidéo se retrouve adapté en série animée, en film d’animation et en manga, une série en 20 volumes dont la parution est en cours en France chez Pika. Et c’est là que la magie japonaise opère un peu plus avec ces fameux projets cross-média qui permettent à une licence de se multiplier sur tous les supports. Devant le succès de Fate Stay/Night, une série de light novel (oui, encore un terme spécifique, qui désigne ici des courts romans illustrés, dont certains sont disponibles en France et dont un éditeur, les éditions Ofelbe – parents plus ou moins éloigné de Taifu Comics et Ototo Editions – vous bientôt faire leur spécialité) va voir le jour pour raconter des événements se passant avant Fate Stay/Night : Fate/Zero est né. Ecrite par Gen Urobuchi, cette série se compose de 4 volumes sortis entre  décembre 2006 et décembre 2007 et dont l’adaptation manga a débuté en 2010 et compte à ce jour 8 volumes. Et c’est de cette adaptation dont il sera question ici. D’autres spin-off ont vu le jour, comme Fate/Zero Café ou Fate/Zero Noir et des adaptations animées, films et séries, sont également sorties. Ouf, ça y est, c’est fait, le décor est planté. Comme toujours, n’hésitez pas à compléter/corriger les infos si besoin !

 

 

Présentation de Fate/Zero

 

 

Fate/Zero propose donc une histoire se déroulant 10 ans avant celle de Fate Stay/Night. Le principe est assez simple : trois familles s’affrontent depuis des décennies pour s’approprier le Saint-Graal, relique permettant d’exaucer n’importe quel souhait. Pour cela, sept combattants, les Maîtres, possédant des pouvoirs magiques, invoquent sept « esprits héroïques », les servants, pour mener la bataille. Et comme dans Highlander, à la fin, un seul d’entre eux survivra (ou pas, mais bon, c’est le principe de base). Le résumé officiel d’Ototo Manga :

 

 

Il y a de cela deux cents ans, trois familles ont décidé d’unir leurs pouvoirs pour atteindre l’ « autre côté du monde ». Les Einzbern, Les Makiri et les Tohsaka. Ils unissent leurs forces et leurs connaissances secrètes pour recréer le Saint Graal et fabriquer le « Récipient ultime ». Cependant ce calice ne peut réaliser le vœu que d’un seul être humain. La collaboration entre les magiciens se transforme alors en conflit violent et sanglant. Après trois défaites consécutives dans sa conquête du Saint Graal, la famille Einzbern est bien décidée à vaincre cette ultime bataille. Elle engage le redoutable Emiya Kiritsugu, plus connu sous le nom de Tueur de Mages, et lui confie une relique qui lui permettra  d’invoquer le plus puissant des Servants parmi les Esprits héroïques : Saber. Sept Maîtres, sept Servants, la guerre commence…

 

 

Et comme souvent désormais, l’habituel extrait en ligne pour vous faire une idée : http://www.ototo.fr/index.php/mangaenligne/17

 

 

Au scénario donc, on retrouve Gen Urobuchi, auteur entre autres des light novel (le pluriel de ce genre de mot m’échappe un peu, désolé) de Puella Magi Madoka Magika et de Psycho-Pass. Au dessin, c’est Shinjirô que nous retrouvons, mangaka dont on a pu découvrir le travail chez Doki-Doki avec sa série Taboo Tatoo. Le début de la série va nous permettre de faire connaissance avec les principaux clans en place et donc, bien évidemment, avec les sept maîtres et leurs servants respectifs.

 

 

Avis sur les 3 premiers volumes :

 

 

Ces trois premiers volumes peuvent s’apparenter à une longue introduction. En effet, ce n’est que dans le troisième tome que nous faisons connaissance avec le septième et dernier duo « maître/servant ». L’un des principaux intérêts de ces premiers volumes réside dans la capacité du lecteur à mettre un nom célèbre sur les divers servants. Si certains nous sont révélés assez aisément (Saber en tête, mais vu qu’il est question du Saint Graal, rien de plus logique, malgré l’originalité trouvée par Urobuchi), d’autres font appel à des connaissances assez pointues, qu’il s’agisse de personnages très connus ou d’autres plus confidentiels de part leur origine. Dans tous les cas, n’hésitez pas à vous intéresser plus en détail sur la mythologie entourant certains servants, c’est toujours très instructif.

 

Capture

Fate/zero 1 © Shinjiro (YEAR) © Nitroplus / TYPE-MOON Edited by KADOKAWA SHOTEN First published in Japan in 2011 by KADOKAWA CORPORATION, Tokyo.

 

Nous allons donc nous contenter de citer les sept « classes » de servants, chacune ayant ses qualités. Saber donc, est considérée comme la classe la plus puissante, et comme il est précisé dans le résumé, sera le servant de Emiya Kiritsugu, le « tueur de mages », héros de notre histoire (et dont on sait déjà que… enfin, si vous avez cherché des infos sur Fate Stay/Night ou si vous connaissez déjà la licence, vous savez déjà, mais dans le doute, je m’abstiens). Et si on fait rapidement connaissance avec Rider, grand conquérant bien connu, c’est Lancer qui va justement « lancer » les hostilités pour un premier affrontement avec Saber. On croisera également assez vite Assassin et Archer, très sûr de lui, avant l’arrivée de Berserker vers la fin de ce premier combat. Car oui, le combat sera interrompu et presque tous les servants seront aux premières loges. Seul manquera à l’appel Caster, auquel une grande partie du troisième volume est consacrée… Qui dit Saint Graal dit aussi, forcément, Église. Nous avons donc droit à un jeu d’alliances complexe qui se trame en coulisses, chacun avançant ses pions et les différents clans essayant d’avoir toujours un coup d’avance. N’oublions pas qu’il s’agit déjà de la quatrième guerre sainte… Bref, l’Eglise est présente et l’apparition de Caster n’en est d’ailleurs pas très éloignée. Le septième et dernier servant donne à Fate/Zero une toute autre atmosphère, bien loin de celle que nous avions eue jusqu’à présent. Car si les deux premiers volumes nous permettaient de faire connaissance avec les différents personnages, leurs objectifs, leur passé, avec ce suspense qui existait sur la véritable identité des différents servants, le troisième volume change de registre pour nous mettre en présence d’un servant et d’un master hors normes. En effet, Caster et son maitre ont un péché mignon : tuer et torturer de jeunes enfants. Et là, Shinjiro et Gen Urobuchi ne lésinent pas sur les images bien gores pour nous montrer l’atrocité des actes commis, Caster utilisant même la magie pour laisser en vie certaines victimes de son maître… Si, dernièrement, des titres comme Reversible Man ont essayé de jouer sur le registre du gore, on peut considérer que dans son approche et sa réalisation, ce tome de Fate/Zero est bien meilleur dans le genre, réussissant à instaurer une ambiance malsaine que ce soit par le biais de Caster ou celui de Ryunosuke. Un changement de ton qui donne au titre une noirceur inattendue et dont on se demande si elle sera une marque durable pour la série ou juste un passage se concentrant exclusivement sur Ryusuke et son servant. La suite et fin du volume nous donne déjà une indication… Dans tous les cas, ce genre de scènes montre que le titre n’est pas à mettre entre toutes les mains (contrairement à Fate Stay/Night, Fate/Zero est un seinen et cela se voit !)

 

Capture

Fate/zero 3 © Shinjiro (YEAR) © Nitroplus / TYPE-MOON Edited by KADOKAWA SHOTEN First published in Japan in 2012 by KADOKAWA CORPORATION, Tokyo.

 

Le dessin de Shinjiro est globalement maîtrisé et de qualité. Certes, difficile d’y trouver une réelle originalité mais il faut aussi avouer que s’agissant d’une adaptation d’une partie d’une licence vaste (comme vu plus haut), on peut difficilement imaginer prendre des libertés dans le chara-design et l’ambiance globale. On pourra toujours considérer que les combats auxquels on assiste manquent pour le moment de puissance, de force, d’impact, tels que l’on peut le ressentir dans certains titres très spécialisés. Mais là aussi, ce n’est pas forcément un énorme défaut et c’est surtout un bémol récurrent chez les « non-spécialistes ». On notera que, globalement, le chara-design est suffisamment varié pour ne pas confondre tous les personnages. Mais on notera également que certains sont assez proches physiquement et on peut se poser parfois la question de qui on a en face de nous… Une habitude à prendre pour mieux différencier les personnages. On peut enfin noter que nous ne trouvons pas dans ce titre de fan-service inutile, avec gros plans sur des poitrines généreuses ou des plans-culottes très serrés, malgré certains personnages féminins qui auraient pu s’y prêter. Espérons que cela soit encore le cas par la suite.

 

Un dernier mot sur l’édition proposée par Ototo. Passée la déception de voir que la couverture en relief du premier volume n’a pas été reconduite pour les suivants, on notera une adaptation de qualité, un papier tout aussi bon, des pages couleurs (4 par tome) et une qualité globale bien au-dessus de la moyenne pour un prix lui aussi finalement légèrement supérieur à la moyenne (7€99 le tome). Du très bon boulot globalement.

 

Conclusion

 

Après trois tomes, Fate/Zero réussit à surprendre habilement en changeant de ton. Le scénario est tel que la suite s’annonce linéaire et il va donc falloir réussir à inclure, de temps en temps, des passages de ce type afin de casser une monotonie qui pourrait poindre. Mais après trois volumes, pas d’ombres à l’horizon et la suite promet quelques combats spectaculaires mêlés à de subtiles stratégies pour parvenir au but de chacun : conquérir le Saint Graal. La suite le 28 août avec la sortie du 4ème volume !

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4 réflexions sur “Fate/Zero – Shinjirô, Gen Urobuchi, Type-Moon

  1. elfenlied777 dit :

    A noter que Fate Zero a également eu une adaptation animée de 24 épisodes sortis en 2012 et 2013 produite par Ufotable (Kara no Kyoukai, Tales of Xillia). Il ne faut surtout pas s’attendre à de la linéarité dans cette série, et ce parce qu’elle est scénarisée par Urobuchi, dont le style est très sombre (le visual novel / eroge Saya no Uta en est le parfait exemple).
    Concernant le chara design, il y a clairement une certaine prise de liberté en laissant la charge à Shinjiro, dont le style change radicalement de celui de Takeuchi Takashi, chara designer original et membre fondateur de Type Moon.
    Et pour finir, Fate bénéficie aujourd’hui d’un très grand nombre de série dérivées : Fate Kaleid Liner Prisma Illya, un spin off magical girl mettant en avant Illysviel, Fate Aprocrypha, une série de light novel se passant dans un univers parallèle à FSN, Unlimited Codes un jeu de combat, Fate Extra et Extra CCC, 2 VN sortis sur vita, et j’en passe.

    • sweetmadonna dit :

      Je fais en effet allusion à l’animé de Fate/Zero dans l’article ainsi qu’aux spin-off. Mais merci pour toutes ces précisions, qui montrent bien que l’on a là une licence très vaste dans le manga Fate/Zero n’est qu’une toute petite partie. ^^

  2. bidib dit :

    concernant les « visual novel » moi je comparerais ça aux romans interactifs, populaire dans les année 80, où à la fin de chaque chapitre on décide quelle tournure donner au récit. Enfin, ça comme ça que je l’ai compris 🙂
    Pour revenir sur Fate/Zero, je n’ai lu que le tome 1 et j’ai détesté ! Pourtant je suis plutôt bon public et je déteste rarement un manga, mais là je l’ai trouvé vraiment pas terrible. Alors qu’on en parlait beaucoup à sa sortie… grosse déception !

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