Et toi, tu lis quel éditeur ?

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28 mai 2014 par sweetmadonna

Suite à un article (dont je reprends le titre ici) sur le site internet Paoru.fr (vous pouvez retrouver le lien en fin de page), j’ai eu envie de me prêter au même jeu que son auteur et donc de faire un article parlant de mes habitudes de lecture/lecteur et de mes attentes suivant les éditeurs (en gros, c’est plus ou moins ça, même si j’ai du mal à suivre une vraie ligne directrice ^^). Une manière comme une autre de faire un état des lieux de ma collection et de « prendre la température » concernant mon rapport avec le marché français du manga. Contrairement à Ramza, mon ancienneté dans le milieu est beaucoup plus faible. Lecteur assidu de mangas depuis 8 ans environ, j’ai travaillé pendant 3 ans et demi chez Manga Sanctuary, apprenant donc cette notion de SP (service de presse, bouquins envoyés par les éditeurs pour la promotion de leurs séries) avant d’arrêter, histoire de reprendre un rythme normal et de sélectionner mes lectures. Car oui, comme beaucoup d’entre vous, j’ai eu ma période de « boulimie » de mangas, allant jusqu’à 1000 nouveautés par an. Ma mangathèque a donc rapidement côtoyé les 5000 ouvrages, avant que les divers déménagements, la vie commune, l’évolution des goûts et la volonté de sélection aboutissent à un désir de se séparer d’une très grosse moitié de cette collection, qui contient, aujourd’hui, 2200 mangas. C’est donc en partant de l’éditeur le plus contenu dans ma collection actuelle en terme de série différentes que je vais tenter d’effectuer le même exercice que Ramza, même si ce sera forcément différent dans le fond et la forme, en essayant d’être exhaustif dans mon rapport au catalogue de chaque éditeur. Bien entendu, tout ceci n’est qu’un point de vue totalement personnel et donc fortement subjectif. N’hésitez pas à me donner votre avis !

 

L’incontournable

 

 

On débute donc par les éditions Kana, qui représentent le plus de séries différentes dans ma collection. Fortement porté par ses succès shônen, Naruto en tête, mais aussi Death Note ou plus récemment Bakuman, Kana est peut-être bien l’éditeur français au catalogue le plus varié et diversifié, en grande partie grâce à ses collections Made In et Sensei. Car oui, on peut avoir l’image d’un éditeur spécialiste de blockbusters et en même temps proposé des titres difficiles à trouver ailleurs. Chez Kana, on retrouve beaucoup d’indispensables, notamment côté shônen et seinen, qu’il s’agisse de titres ultra-commerciaux ou bien plus confidentiels. L’éditeur réussit ainsi à trouver un équilibre entre les titres shônens qui se vendent comme des petits pains (Naruto, Death Note, Bakuman) et ceux se vendant nettement moins (Zettai Karen Children, Gintama, Nura), entre les seinens à fort potentiel de ventes (Monster, Pluto, Real) et ceux partant de rien et moins porteurs (Bakuon Retto, Solanin, Mushishi, I am a hero, Le samouraï bambou, Le pays des cerisiers), tout en proposant du shôjo/josei différent (Sawako, Hotaru, Kamakura Diary, Mon histoire) ou des titres « vintage » (Lorsque nous vivions ensemble, Gringo, Kamui Den, Sabu et Ichi). Bref, énormément de variété, beaucoup de qualités, et de quoi satisfaire le plus grand nombre, malgré, il faut le reconnaître, une légère faiblesse dans son catalogue à destination du lectorat féminin (a priori, car je suis loin d’être un spécialiste du genre même si j’essaie de combler cette lacune). Et de mon côté, je me retrouve totalement dans les parties Made In / Sensei, pourvoyeuses de petits bijoux. Pas étonnant donc de voir qu’il est le plus représenté dans ma collection. Si je ne me jette pas sur toutes leurs nouveautés, je trouverais toujours quelque chose à acheter chez Kana. Une sorte de valeur sûre en somme.

 

L’outsider inattendu

 

 

Le second éditeur le plus présent dans ma collection est en fait un éditeur « disparu », puisque les éditions Delcourt et son « sous-traitant » Akata se sont séparés en janvier dernier. Avec sa réputation d’éditeur de shôjos différents, Akata Delcourt aurait pu me permettre de mieux découvrir ce genre qui reste celui dont je maîtrise le moins la complexité. Certes, je possède les 2 shôjos qui ont permis de changer quelques mentalités et ont battus des records, les indispensables Nana et Fruits Basket, certes, je possède une petite perle d’humour avec Princess Jellyfish et quelques autres shôjos made in Akata dont je n’ai, malheureusement, pas encore eu le temps de lire un tome (Switch Girl, No Longer Heroine, J’aime les sushis, Twinkle Stars), mais ce n’est finalement pas cette frange de leur catalogue qui m’a intéressée en premier lieu. En effet, ce sont plutôt les seinens proposés par l’éditeur qui m’ont séduits, que ce soit les titres de Tezuka (Ayako, Barbara, Demain les oiseaux), de Taiyo Matsumoto (Gogo Monster, Ping Pong) ou le Ki-Itchi (et sa suite) de Hideki Arai. Et cela ne s’est pas arrêté là, avec du shônen de grande qualité (Beck en tête, Alice in Borderland, Jinbe Evolution), du seinen très efficace (Coq de combat, Ascension, Syndrome 1866) ou qui fait fortement réfléchir (les Hideki Arai évidemment, mais aussi L’affaire Sugaya, Zéro pour l’éternité, Une sacrée mamie, Un bol plein de bonheur, Enfant soldat). Bref, l’éditeur a su proposer des genres différents mais a aussi montré une vraie personnalité, qui s’affirme encore plus depuis leur indépendance. Au final, malgré le grand ménage effectué, si l’éditeur est toujours aussi présent dans ma collection, c’est tout sauf un hasard… Puis Akata Delcourt est devenu Akata, l’un de mes « chouchous », comme vous avez du vous en rendre compte. Après son divorce d’avec Delcourt, Akata se lance en totale indépendance. 5 nouveautés parues, toutes les 5 dans ma collection. Deux « romans graphiques » avec le très engagé Seediq Bale et le très écolo Moi, jardinier citadin (bientôt sur le blog ! ma lecture du volume 2 est en cours), deux shôjos avec Journal d’une fangirl et Bienvenue au club et une BD au format manga avec l’excellent Les torches d’Arkylon, produit franco-français. Malgré cette variété, Akata est sans doute l’éditeur dont on arrive le plus facilement à cerner la politique éditoriale. C’est ainsi qu’il est apparu complètement logique de voir Daisy rejoindre leur catalogue. La collection WTF ?! devrait changer la « routine » et pourrait leur permettre également d’obtenir quelques titres plus « bankables ». De la cohérence donc, une communication nickelle, une vraie proximité avec les lecteurs… et tout ça en étant implanté en plein Limousin, à Rancon ! (sortez Google Maps !) On comprend alors mieux certains de leurs choix. Totalement atypique, l’éditeur possède ce petit plus, à plein de niveaux, qui fait la différence pour moi. Cela ne m’empêchera pas de dire du mal d’un de leurs titres s’il le mérite, bien évidemment.

 

Les « obligatoires »

 

Parmi les éditeurs qu’il est impossible de ne pas avoir dans collection, on a le leader du marché, Glénat. Et on retrouve ici beaucoup de classiques, comme Dragon Ball, One Piece, Bleach, Kenshin, Akira, Berserk, Dr Slump, Gunnm, Lamu, Parasite… Bref, du très classique, mais aussi quelques « vieilleries » que j’adore, comme Ashita no Joe, Le voyage de Ryu, Cyborg 009, L’école emportée, la superbe édition de 2001 Night Stories… Dans les dernières séries sorties, si on met de côté le tout mignon Chi, je retiendrai surtout Dream Team, peut-être le seul vrai successeur de Slam Dunk et Vertical, lauréat du prix du manga Taisho. Au final, l’impression d’un grand calme se dégage du catalogue de l’éditeur, sans réels coups d’éclats. J’attends ce sursaut qui me permettrait de reconsidérer l’éditeur comme un acteur majeur du marché du manga en France. Mais pour le moment, impossible pour moi…

 

 

Autre éditeur historique, Tonkam, qui n’est dorénavant plus qu’une collection du groupe Delcourt et plus une entité à part entière (les éditions Tonkam ont officiellement cessé d’exister en avril dernier suite à la fusion administrative avec Delcourt). On y retrouve du Osamu Tezuka (L’histoire des 3 Adolf, Bouddha, MW…), du Taiyo Matsumoto (Frères du Japon, Printemps Bleu, Amer Béton) et, évidemment, du Jojo’s Bizarre Adventure. C’est également de gros classiques, que ce soit côté shônen avec Hikaru no Go, Vidéo Girl Aï ou Flame of Recca, côté shôjo avec Kare Kano ou Fushigi Yugi ou côté seinen, avec Maison Ikkoku, Vagabond ou Hellsing. L’éditeur a également proposé beaucoup de séries « nostalgie » (à différencier de « vintage »), Aïshite Knight ayant retenu mon attention. Mais force est de constater que cela fait bien longtemps que l’éditeur n’a pas su proposer quelque chose d’intéressant et que sa surproduction des dernières années l’a fortement desservi. Pourtant, l’éditeur prend encore des risques, avec notamment la sortie d’un titre que l’on croyait ne jamais voir chez nous, Ichi the killer. Mais ce genre de choix audacieux ne peut fonctionner que pour un éditeur ayant des reins solides. Ce qui ne semble plus être le cas de Tonkam depuis quelques temps… Rien dans les prochains mois n’attire particulièrement mon attention, et surtout pas leur collection « young ». Du coup, il me semble n’avoir plus que Vagabond en cours chez eux et Steel Ball Run. C’est peu, trop peu pour un éditeur avec une telle histoire.

 

Les controversés

 

Certains éditeurs traînent de lourdes casseroles, dont ils ont du mal à se séparer. L’un d’entre eux, Panini, est malgré tout beaucoup représenté dans ma collection. Oui, Panini, l’éditeur honni de tous, celui qui ne publie pas ses séries jusqu’au bout, qui ne communique pas, qui fait passer les profits avant ses lecteurs… Oui, lui. Mais pas mal de choses ont changé ces derniers mois, avec la présence d’une vraie Community Manager, Margot, qui fait tout son possible pour informer les lecteurs avides d’infos. Cela n’est pas toujours simple, c’est sûr (en témoigne le problème de communication autour de l’arrêt ou non de la série All Rounder Meguru), mais il y a du mieux malgré tout. Au final, je possède chez Panini l’un des seuls classiques sortis par l’éditeur, 20th Century Boys, sa fin et son spin-off, un Taniguchi (Kaze no Sho), un Kawaguchi (Seizon Life), un Asano (Le champ de l’arc en ciel), un Yukimura (Planètes), un Yuki Osada (Toto), Shigurui, et, surtout, les titres de Tsutomu Takahashi, l’auteur de Bakuon Retto cité plus haut : Alive, Blue Heaven, Sky High Karma et Sidooh, l’un des titres à la publication erratique de l’éditeur. Il s’agit finalement de la seule série en cours que je possède chez eux, le reste du catalogue, fortement shôjo, ne m’intéressant pas particulièrement… Dur de dire si, à l’avenir, d’autres titres de Panini viendront rejoindre ma collection. Là encore, rien ne me tente particulièrement dans les titres à venir mais sait-on jamais. A l’instar de Glénat ou Tonkam, Panini ne me semble pas, à l’heure actuelle, représenter l’avenir de ma collection.

 

 

Autre éditeur à subir les foudres des lecteurs, Pika. Raillé pour ses rythmes de publication très lents des séries qui ne fonctionnent pas, houspillé pour avoir arrêté 7 Seeds, Pika a tout de même beaucoup changé depuis l’arrivée de Kim Bedenne. Les séries « oubliées » sont progressivement relancées (Nodame Cantabile ou Kekkaishi, malgré la très mauvaise surprise de la rupture express du tome 33 par exemple), les nouveautés sont convaincantes (Chihayafuru, Space Brothers, L’attaque des titans, Le garçon d’à côté récemment, ou Billy Bat il n’y a pas si longtemps) et le fond de catalogue possède quelques titres très sympa (Young GTO, Sakuran, Le nouvel Angyo Onshi, GOTH). Pika est peut-être bien l’éditeur à suivre des prochaines années car même si je ne me retrouve pas dans leur collection « graphic », la puissance commerciale de l’éditeur (avec Fairy Tail et L’attaque des titans, Pika doit posséder 2 des 4 séries les plus vendues en France) combinée aux choix éditoriaux plus réfléchis pourraient bien en faire un acteur inévitable du marché, même pour ceux n’étant plus attirés par le mainstream… A suivre donc !

 

Dans cette catégorie, on retrouve aussi le duo Kazé Manga/Asuka, avec quelques séries atteintes du « syndrôme Pika ». Mais les dernières nouvelles semblent plutôt rassurantes sur ce point. De mon côté, la partie « pure » Asuka (c’est-à-dire celle d’avant le rachat par Kazé et les séries qui se sont terminées avec le logo Asuka), c’est quelques Tezuka une fois encore (Black Jack, Nanairo Inko, L’enfant aux trois yeux…), la meilleure série de l’univers Hokuto no Ken (La légende de Raoh, de l’excellent Yuki Osada), la découverte de Tomiko Ninomiya (avec Tensai Family Company), ou encore l’excellent Bokurano, du polémique Mohiro Kitoh. La partie Kazé Manga, le plus japonais des éditeurs français (rappelons que Kazé est la propriété de la ShoPro, la société contenant notamment les éditeurs japonais Shueisha et Shogakukan), contient donc des titres débutés chez Asuka, comme Gunslinger Girl ou Ikigami, une réédition attendue, avec Rainbow, et quelques titres qui sortent nettement du lot, comme les Mizu Sahara (My girl et Un bus passe) ou l’incomparable Shi Ki. C’est aussi un gros pari, avec Initial D et son graphisme absolument pas passe-partout. L’éditeur possède aussi quelques-unes des dernières séries du Jump, comme Beelzebub ou Toriko, mais ne parvient pas à dégager, pour le moment, une vraie personnalité. Ce qui explique qu’au final, les séries qui m’intéressent sont peu nombreuses… Et la multiplication des nouveautés dans leur catalogue n’aide pas. Un peu moins de sorties, une ligne éditoriale plus claire, et peut-être que l’éditeur arrivera à passer ce cap qu’on lui promettait lors de son rachat. Mais là encore, difficile pour moi de m’y retrouver dans ce que l’éditeur propose pour le moment. Pourtant, l’éditeur semble avoir beaucoup d’atouts de son côté…

 

 

Dernier de cette catégorie, Soleil Manga est aussi un habitué de la colère des fans (moi le premier, je le reconnais, même si c’était il y a pas mal de temps maintenant, quand j’étais jeune et fougueux). Mais là aussi, beaucoup de choses ont changé : rachat par Delcourt, plus de libertés, une Community Manager très présente… Résultat ? La relance de titres que l’on croyait maudits ! Higanjima et Dorohedoro sont donc toujours en cours mais ont vu leur rythme s’accélérer un peu. Et c’est une excellente nouvelle ! Deux titres de Tezuka complètent ma collection Soleil, qui a beaucoup fondu… Très axé shôjo, le catalogue de l’éditeur me parle rarement et lorsque je tente le coup (Plum), je ne suis pas vraiment convaincu. Du coup, avec seulement 2 séries en cours chez Soleil, qui plus est des « vieilles » séries, mon avis sur le catalogue de l’éditeur est forcément tronqué.

 

Les raisonnables

 

Surproduction ne fait pas partie de leur vocabulaire. Intelligence par contre est une mot qu’ils connaissent plutôt bien. Je parle là de deux éditeurs qui semblent opérer une vraie sélection de leurs nouveautés, les limitants autant que possible. Premier d’entre eux, Ki-oon. Excellente réputation, qualité des ouvrages et force de communication sont les qualificatifs qui caractérisent le mieux l’éditeur. Etant donné que j’ai été pendant plusieurs mois le chroniqueur attitré Ki-oon chez Manga Sanctuary, j’ai eu tout le loisir de goûter aux différentes facettes du catalogue de l’éditeur. Très mainstream, les titres Ki-oon réussissent rarement à me convaincre sur la durée. Ubel Blatt, Pandora Hearts, Jusqu’à ce que la mort nous sépare, Kurokami, La Mosca… Nombreuses sont les séries que j’ai finalement revendues devant les déceptions rencontrées à la lecture, en cours ou en fin de série. Mais quelques perles redorent le blason de l’éditeur en vogue du moment : Bride Stories, Goggles, Run Day Burst, Hideout… Et les dernières nouveautés, Ad Astra, Animal Kingdom mais aussi Cesare ou Barakamon sont très convaincantes, sans oublier les Tsutsui. Bref, je ne suis pas client de tout leur catalogue mais il faut reconnaître que sa variété lui permet de m’offrir la dose de qualité qu’il me faut. Je garde donc toujours un oeil sur les nouveautés de l’éditeur…

 

 

Le second correspondant bien à ces qualificatifs d’éditeur raisonnable et intelligent est bien entendu Kurokawa. N’inondant pas le marché, c’est donc assez normal que je ne possède pas un grand nombre de séries de cet éditeur, mais on se retrouve avec du très très lourd. Le grand classique Fullmetal Alchemist, le classique Genshiken ou encore les indispensables : Ippo, Vinland Saga, Les vacances de Jésus et Bouddha et Yotsuba ! Bref, là encore, je ne vais pas me jeter sur tous les titres de l’éditeur mais il me fournit la dose suffisante de titres indispensables pour avoir droit à un petit coup d’oeil sur ses nouveautés, au cas où. Je crois bien ne jamais avoir été réellement déçu par des titres Kurokawa, même si Ken’ichi n’a pas tenu très longtemps sur mes étagères.

 

Les mixtes

 

Si finalement assez peu d’éditeurs de manga sont totalement indépendants, certains sont très clairement implantés dans la BD franco-belge et leur catalogue nippon s’en ressent. Le quatrième éditeur le plus présent dans ma collection fait partie de ceux-là avec ses collections Ecritures et Sakka : je parle évidemment de Casterman. L’une des caractéristiques de cet éditeur est d’être un grand pourvoyeur de titres de l’un des plus célèbres mangakas en France, reconnu aussi bien par les amateurs de mangas que par les spécialistes de franco-belge : Jiro Taniguchi. Mais Casterman, c’est aussi quelques vraies perles dans sa collection Sakka, notamment les 2 oeuvres du regretté Seiki Tsuchida, Under the same moon et l’excellentissime Blessures Nocturnes. Et c’est également ma première grosse claque manga avec le controversé Hideki Arai (oui, le même que celui de Ki-Itchi) et son The world is mine, sans concessions et qui vous retourne en deux temps trois mouvements. Le genre de titres qui vous font voir le manga différemment. On trouve aussi dans cette collection d’autres perles comme Bye Bye my brother, Eagle, Je ne suis pas un homme ou les populaires L’habitant de l’infini et Thermae Romae. Bref, en nombres de tomes, cela ne représente pas forcément un gros volume, mais en terme de qualité, c’est du très lourd. Le nombre de sorties de l’éditeur étant faible par rapport à ses concurrents, il est assez facile d’en suivre le rythme. Une qualité non négligeable à l’heure de la surproduction.

 

 

Autre spécialiste plutôt BD, Cornélius. Suite à un petit tour dans une librairie bordelaise où l’éditeur proposait des tomes défraîchis à des prix défiants toute concurrence, ma collection de titre de l’éditeur a gonflé un peu. Éditeur de titres différents, Cornélius est surtout l’éditeur de Shigeru Mizuki, LE spécialiste des yokais. Avec Hitler, Kappa et compagnie, Micmac aux enfers, NonNonBa et Vie de Mizuki, il représente quasiment l’intégralité des titres que je possède chez l’éditeur. Yoshihiro Tatsumi et son Une vie dans les marges complétant le tout, avant sans doute de me procurer certains de leurs Tezuka (oui, encore ^^). Un éditeur avec un format différent, avec des prix différents également, et qui propose du manga différent. Bref, difficile d’acheter du Cornélius tous les jours mais l’éditeur possède un catalogue particulièrement intéressant et dont il est difficile de mettre de côté un titre.

 

Les oubliés

 

Certains éditeurs, de part leur choix éditoriaux, se sont retrouvés presque totalement éliminés de ma bibliothèque. Et le second éditeur dont j’ai reçu des SP en masse en fait partie : Doki-Doki. J’ai rapidement pu me rendre compte que malgré de belles exceptions, la majorité du catalogue de l’éditeur n’était pas pour moi. Et pourtant, tout n’est pas à jeter, loin de là. Aujourd’hui, mes 6 séries Doki-Doki de ma collection sont réparties en 2 auteurs : Hideyuki Yonehara (Full Ahead Coco et son spin-off ainsi que Dämons) et Yuko Osada (C[:si], Magara, Gear Rally). Deux auteurs que j’ai été heureux de découvrir, tout comme Nobuaki Tadano, dont j’attends enfin une oeuvre accomplie. De jolies découvertes donc, mais des flops commerciaux, peut-être car noyées au milieu de titres trop différents. Dans tous les cas, l’éditeur n’arrive plus à m’intéresser et c’est d’un regard éloigné que je suis son actualité depuis plusieurs mois, malgré quelques titres qui pourraient me plaire, a priori (Gewalt ou plus récemment Mr. Nobody par exemple).

 

 

Autre éditeur quasi-absent, Taïfu/Ototo. Mes séries de l’éditeur se résument à du Cobra et un Tezuka (encore). Rien de plus. Si Samidare m’a fortement attiré, je n’ai pas craqué. Si Fate Zero m’a fait de l’oeil, le souvenir de Fate Stay Night m’a refroidi. Quant à Spice and Wolf ou Adekan, les trois premiers volumes n’ont pas réussit à me convaincre. Mais cela pourrait changer avec Magdala, dont je vous parlerais bientôt. N’étant ni adepte de yaoi, ni de yuri, ni de hentaï (censuré ou non), je me coupe forcément d’une très grosse majorité de leur catalogue, ceci expliquant cela. Mais là encore, le faible nombre de sorties de la partie Ototo permet de suivre assez facilement l’actualité de l’éditeur. Et ça, c’est un vrai plus.

 

Les petits nouveaux

 

Komikku est le petit éditeur qui monte. Fondé sur le modèle Ki-oon, Komikku se lance dans le manga en tentant des coups. Cela peut s’avérer payant (Eurêka, et surtout Le chef de Nobunaga) ou pas (Reversible Man). Les fleurs du passé a reçu de bons échos mais je n’ai pas encore lu le premier volume, que je possède pourtant depuis sa sortie. L’audace de l’éditeur pourrait payer, même si certains titres semblent portés par une mode (Yanaka ou Oh My Cats). A suivre dans les prochains mois, dans tous les genres. En tout cas, cela semble plutôt bien parti.

 

Isan Manga, jeune éditeur, propose de gros classiques dans des éditions luxueuses. Pari plutôt réussit pour le moment, avec notamment Kamen Rider et Madame Bovary, en attendant les prochaines sorties, avec un Tezuka, un Ippei Kuri, et Le disciple de Doraku. En tout cas, l’idée est intéressante et mérite l’attention. Culotté, mais plutôt intelligent. S’ils n’apparaissent pas forcément tous indispensables, les titres de l’éditeur ne feront jamais tâche dans une bibliothèque.

 

 

Chez Booken Manga, plus ancien, les périodes se sont succédé sans que l’éditeur réussisse totalement à sortir la tête de l’eau. Je vais poursuivre Arès mais j’ai arrêté le reste pour le moment… L’éditeur pourrait être en meilleure forme prochainement mais malheureusement, la méfiance des lecteurs est désormais là… Dans l’absolu, l’éditeur attire la sympathie mais ses difficultés multiples ont sérieusement sali une image excellente à ses débuts.

 

Les intermittents

 

Certains éditeurs proposent quelques toutes petites sorties par an, moins de 10, parfois à peine une, et souvent soit dans le manga d’auteur, soit dans le vintage, et donc à des prix et des formats différents. Ainsi, FLBLB est présent dans ma collection pour 2 Tezuka (oui, encore !!). Des acquisitions faites au feeling, uniquement sur le nom de l’auteur. Les éditions Fei, elles, sont présentes pour deux objets somptueux : les coffrets Au bord de l’eau et Les 3 royaumes. Des indispensables même si on est loin du manga. La balade de Yaya, très Miyazakiesque dans le trait, n’a pas réussit à me convaincre plus que cela, même si je redonnerais peut-être sa chance au titre en grand format. Mais l’éditeur est à surveiller, notamment sa dernière nouveauté, Opium. Mais là encore, on s’éloigne de la BD asiatique… IMHO, spécialiste de l’ero-guro, réussit à avoir sa place sur mes étagères avec un Furuya (Litchi Hikari Club) et Tokyo Zombie. L’éditeur fait clairement dans le underground, voire le très underground. Quelques titres me font de l’oeil mais la prédominance de l’ero-guro, genre qui me révulse (brrrrr…) ne met pas l’éditeur en priorité. Mais comme un Ishinomori arrive bientôt… et un Asano est prévu pour juin ! Chez Sarbacane, Le chien gardien d’étoiles et sa suite font belle figure, tout comme le Rohan au Louvre de Futuropolis ou Entre ciel et terre, du même auteur que La balade de Yaya chez Cambourakis. Un dernier pour la route : les éditions H pour… un Tezuka ! Bref, une tripotée d’éditeurs que je regarde de temps en temps mais que je ne suis pas particulièrement, puisque leur actualité manga est faible.

 

 

Les décédés

 

Le marché de l’occasion fonctionnant très bien, on va tout de même parler des éditeurs ayant disparu du marché. Chez Milan, un Tezuka de plus et le très intéressant La forêt de Miyori (qui a eu droit à une adaptation animée) complètent ma collection. L’éditeur est sans doute arrivé un peu trop tôt mais possédait des choix pertinents (Survivants, L’orchestre des doigts). Pour Tokebi, et les autres collections du groupe décédé SeeBD, la surproduction de manhwas a été fatale. J’en retiens quelques titres (Black Lagoon et Rainbow repris par Kazé Manga ou encre Blood Sucker chez Kabuto) mais seules deux séries dans ma bibliothèque ont survécu : l’excellent Priest et le tout aussi bon Chonchu. Deux des meilleurs manhwas parus en France. Son successeur Samji a mouru, tout comme semble l’être le successeur du successeur, Kwari (label des éditions Physalis), qui avait tenté une folie avec The boss, manhwa de baston de plus de 60 tomes. Bref, de quoi donner une belle et jolie image du manhwa que n’a pas réussi, pour le moment, à redorer Booken. J’ai Lu avait tenté beaucoup et restera surtout comme l’éditeur des premières parties de Jojo’s Bizarre Adventure, (que je n’ai pas remplacé par la réédition de Tonkam) ou encore de Racaille Blues, référence du manga de « furyo ». D’autres éditeurs sont passés de vie à trépas et certaines reliques demeurent dans mes étagères : Le seuil, pour son édition de Au temps de Botchan, de Taniguchi, 12bis pour Detroit Metal City, les Humanos pour Dômu, du papa d’Akira ou encore Kantik, presque mort-né, qui avait proposé le début de l’autre série de l’auteur de Priest, Hyung Min-Woo, Ghost Face.

 

Conclusion

 

Bref, avec un marché finalement très dynamique et qui part parfois un peu dans tous les sens, on réussit assez facilement à trouver son bonheur, en piochant à droite et à gauche. Si j’ai encore du mal à me faire une idée précise du marché shôjo, ayant l’impression de voir trop souvent la même chose, je me fais une idée plutôt claire du reste et réussit donc à m’orienter vers l’éditeur qui correspond à mes attentes. Sachant qu’il y aura toujours quelque chose d’intéressant à trouver, quel que soit l’éditeur ciblé. Et c’est sans doute bien là le principal, même s’il faut sans doute parfois chercher par soi-même pour trouver quelques petites pépites.

 

Et toi, quel éditeur tu lis ?

 

Vous pouvez retrouver l’article d’origine de Ramza sur Paoru.fr :

http://www.paoru.fr/2014/05/18/manga-toi-quel-editeur-tu-lis/

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6 réflexions sur “Et toi, tu lis quel éditeur ?

  1. malik dit :

    Il manque un éditeur, dommage, le Lezard noir. il faut ABSOLUMENT lire le Vagabond de Tokyo. Un marginal semi-clochard, doux réveur et obsédé sexuel. Mais attention, tout ça avec humour, et crise de foux rire; avec en peinture, le Japon des années 80, celui des laissés pour compte.

    • sweetmadonna dit :

      Il fallait bien qu’il en manque un ! XD Le vagabond de Tokyo m’a toujours intéressé mais je n’ai jamais réussi à trouver le tome 1 en librairie… Et j’ai toujours voulu lire les Susumu Higa. Mais au final, je n’ai jamais lu un titre de cet éditeur… Un jour peut-être ! 😉

  2. Darkjuju dit :

    Je suis aussi impressionné par le changement qu’il y a eu durant ces 15 dernières années. Commençant par l’âge d’or où tous les titres sortis étaient géniaux et que le fan pouvait sans problème se procurer toutes les sorties mensuelle.
    Puis en ayant une période de saturation dans laquelle les éditeurs se sont multipliés, et ont noyés le marché de titres très médiocres. On revient tout doucement vers des éditeurs qui ont un concept, une nouvelle vision et qui sélectionnent très attentivement leur titres.

    Certains éditeurs qui ont connu leurs heures de gloire comme Pika ou Panini sont comme toi mis de coté.
    D’autres oubliés comme Kana (Made In) ou Glénat (Vintage) qui reviennent sur le devant.
    Certains qu’on a connu uniquement par la présence de Tezuka, et d’autres qu’on continuent car ils ont LA série qu’on continue comme Tonkam (jojo, vagabond) ou Soleil (Dorohedoro)..
    Et pour finir les outsider comme Isan manga, Le lezard Noir, IMHO ou Sakka/casterman etc… deviennent les éditeurs références pour les vétérans du mangas.

    Il y a toujours des éditeurs qu’on regarde du coin de l’oeil comme Ki-oon, mais on hésite à se lancer dans une nouvelle série fleuve.

    De plus voyant le prix certains mangas sur le marché (15, 30 voir 45€ le Volume!!) on se limite, passant certainement à coté de certains bon titres. Et pourtant je suis un gros consommateur, j’imagine la difficulté de ceux qui ont un petite bourse.

    • sweetmadonna dit :

      Il est vrai que certains titres très intéressants sont à des prix très importants. Et cela limite donc forcément soit l’achat de ces titres, soit l’achat d’autres séries à prix « normaux ». Mais c’est comme tout, faut faire des choix, et parfois faire des choix plus « réfléchis » (en soutenant les éditeurs/titres qui ont des difficultés) plutôt que mécaniques. Un équilibre à trouver, pas évident.

  3. Yaku dit :

    Ce genre de post me donne envie de me lancer dans l’écriture d’un bilan éditorial du même style sur mes bientôt 20 ans de mangas… ^^’
    (Faudrait que je me décide à faire un petit blog avec des chroniques sur mes lectures, ça pourrait être chouette à faire, et assez vite rempli vu le nombre de mangas que je lis chaque mois 😛 )

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