Priest – Hyung Min-Woo

Poster un commentaire

27 avril 2014 par sweetmadonna

Cela fait plusieurs années que je voulais relire « l’intégrale » de Priest, le manhwa de Hyung Min-Woo à l’origine de mon pseudo sur le web. Manque de temps, plein de lectures en retard à gauche à droite, 2 déménagements en 2 ans : bref, il était temps de s’y mettre ! Et voilà qui est chose faite, même si cela aura pris du temps !

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

L’histoire

 

En plein Far-West, un train est attaqué par la bande des Mat Riders, bien décidés à délivrer leur chef, Esther, détenue par les marshalls. Mais voilà que se réveillent d’étranges créatures, à la force surhumaine et qui ne semblent pas vouloir mourir, qui étaient jusqu’alors contenues dans un wagon isolé. Un passager commence alors à décimer le rang de ces zombies : Ivan Isaak, un étrange prêtre… C’est donc ainsi que commence Priest, série interrompue au bout de 16 tomes par son auteur, Hyung Min-Woo (auteur également de Ghost Face, dont la publication française a été arrêtée suite au dépôt de bilan de son éditeur, Kantik). Un mélange de western, de film de zombies, de film d’horreur, avec une couche d’ésotérisme prononcée par la suite. L’objectif d’Ivan Isaak ? Terrasser Temosare, responsable de la mort de sa bien-aimée et qu’il a aidé à réveiller d’un profond sommeil. Pour cela, il a vendu son âme à un farouche adversaire de son ennemi, Vessiel. Une guerre entre fous de dieux et anges déchus commence…

 

Les personnages

 

Bien évidemment, il y a Ivan Isaak. Orphelin, il est adopté par la famille de Zena, jeune fille dont il tombera amoureux. Poussé à choisir le métier de prêtre et envoyé étudier le Domes Forata loin du ranch familial, ses recherches mèneront à la libération de Temosare, représentation de Satan lui-même. Souhaitant alors rejoindre Zena, il trouvera la mort et vendra son âme à Vessiel, ancien prêtre devenu ennemi de Temosare, afin d’accomplir sa vengeance, l’ancien prête développant une haine sans équivalent pour Temosare et ses disciples, responsables de la mort de sa bien aimée. Refusant toute domination, Ivan Isaak se refuse également à Vessiel, qui tente de prendre le contrôle total de son corps afin de rester mettre de son destin, qui s’inscrit dans un cycle de vengeance et de souffrance infini. Si Zena est un personnage important dans l’histoire, elle apparaît finalement assez peu mais reste présente par le personnage d’Esther, parfait sosie de la demoiselle et sur le point de se transformer en « zombies » comme les victimes de Temosare et ses disciples. Ayant assisté au massacre de Saint Baldias orchestré par Ivan, qui aura décimé tout un village (de zombies bien sûr), elle cherchera à comprendre ce qu’il arrive à son corps et quel sera son futur. Si Temosare a donc ses disciples comme alliés et que Vessiel « a » Ivan, on peut aussi citer deux autres « camps » : celui des « croyants », qui poursuivent les deux précédents camps pour la gloire de Dieu et celui des marshalls, mené par Coburn et lancé sur la trace des massacres orchestrés conjointement par les disciples de Temosare et Ivan (les disciples éradiquent tout un village et transforment les habitants en zombies, Ivan vient anéantir les zombies et les disciples => les villes sont rayées de la carte). Bref, 4 camps, des trahisons en pagailles, des serviteurs de Dieu corrompus qui se retournent contre lui, certains pour le défier, d’autres pour combattre des anges déchus… Un joli bordel en somme !

 

Ivan Isaak et Vessiel

 

Les points forts

 

Le gros point fort de Priest demeure pour moi ce graphisme unique de Hyung Min-Woo. Avec un fond noir, ses couvertures noires, le titre se démarque déjà des autres séries sur un étalage. Et lorsque l’on ouvre un tome, le trait terriblement anguleux et nerveux du manhwaga réussit à retranscrire parfaitement tant les scènes d’action, notamment le merveilleux gun-fight qui marque le début de la série, que les expressions faciales des personnages, Ivan Isaak et sa haine, sa rage, sa colère infinie en tête. Bref, Hyung Min-Woo met une véritable claque visuelle avec une oeuvre qui sait de démarquer de toutes les autres et possède donc une véritable identité. L’autre gros point fort est bien entendu Ivan Isaak, ce prêtre qui renonce à tout pour assouvir sa vengeance. Torturé au plus profond de lui-même, envahit par une rage surpassant tout, il réussit malgré tout à conserver, en de très rares occasions, son côté humain (devant Esther notamment). Et le scénario, complexe, sur plusieurs périodes, promet de très belles choses et passionne jusqu’à…

 

Les points faibles

 

… la fin qui n’en est pas une. Et oui, Priest n’est pas une série avec une fin bâclée, loin de là. Priest est une série qui ne comporte pas de fin ! En effet, sans vraiment en expliquer la raison, son auteur, Hyung Min-Woo, a stoppé net le titre au 16ème volume. Et si les lecteurs de Tokebi ont espéré à une époque avoir une suite (avec le message suivant le dernier volume sorti, qui laissait présager une pause temporaire), force est de constater qu’après bientôt 10 ans, l’espoir n’est plus de mise. Ce qui pouvait donc être un point fort, le scénario, devient donc un point faible puisqu’il restait encore beaucoup à dire et à faire pour obtenir une histoire complète. La frustration est donc immense et le gâchis aussi tant les qualités du titre sont bien réelles. On peut également regretter parfois un schéma un peu répétitif, des événements qui peuvent être prévisibles ou des passages un peu trop calmes, tout comme l’absence d’Ivan Isaak pendant certaines plages importantes.

 

 

L’édition

 

Du Tokebi 100%. Impression correcte sauf pour les pages initialement en couleurs (un peu comme du J’ai Lu en somme), quelques mots oubliés, quelques fautes d’orthographes. Bref, une qualité d’édition dans les standards des label de SeeBD. A noter que Priest a fait partie des séries ayant droit à une seconde édition, avec des couvertures différentes, un papier différent, un prix plus important, mais interrompue au 8ème tome, l’éditeur ayant mis la clé sous la porte.

 

Conclusion

 

Bien qu’inachevé, Priest demeure encore aujourd’hui l’un des meilleurs manhwas sortis en France. Profitant d’un graphisme unique, d’un scénario riche et complexe, d’un personnage principal charismatique, le titre de Hyung Min-Woo avait tout pour être une oeuvre majeure de la BD coréenne. Son interruption en plein milieu de ce qui s’annonçait comme une bataille mémorable mettant aux prises tous les « camps » de la série provoque une immense frustration, frustration encore plus grande lorsque l’on sait que l’autre titre de l’auteur sorti chez nous, Ghost Face, a lui aussi connu une fin précipitée (mais cette fois à cause de son éditeur français). Et même si ce titre était eu format franco-belge, avec des planches toutes en couleurs, il nous permettait de retrouver la patte graphique de l’auteur avec plaisir… Priest reste malgré tout une série à découvrir et à lire, possédant des passages réellement marquants et qui se grave pour longtemps dans la mémoire de ses lecteurs.

 

PS : une adaptation en film live a été faite par nos amis d’outre-atlantique. Autant le dire tout de suite, seul le fait que le début se passe dans un train et que le héros soit un prêtre sont des points communs avec la manhwa. Et, fort heureusement, le nom d’Ivan Isaak n’est jamais prononcé ! L’honneur est sauf.

Publicités

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s

%d blogueurs aiment cette page :