Le chef de Nobunaga – Takuro Kajikawa et Mitsuru Nishimura

Poster un commentaire

2 avril 2014 par sweetmadonna

Après Eurêka, dont l’action se situait lors des guerres puniques, Komikku nous propose une seconde série au contexte historique avec Le chef de Nobunaga, dont les 2 premiers volumes sont sortis en même temps, écrit par Mitsuru Nishimura (connu en France pour un autre titre parlant de cuisine, Hell’s Kitchen chez Kana) et dessiné par Takuro Tajikawa, dont l’action se déroule bien entendu pendant la période Sengoku, dans la seconde moitié du 16ème siècle…

 

Le synopsis :

 

Ken est un cuisinier de notre temps. Mais un jour, il se réveille dans le Japon du XVIe siècle en pleine époque Sengoku, “l’ère des pays en guerre”. Ayant entendu parler de ce cuisinier de talent vivant à Kyôto, Nobunaga, gouverneur féodal, décide d’en faire de force son cuisinier personnel… Une incroyable histoire mêlant guerres et gastronomie !

 

Jaquette Le Chef de Nobunaga T01 PRESSE Jaquette Le Chef de Nobunaga T02 PRESSE

 

La mise en place :

 

Le lecteur se retrouve comme le héros de la série, Ken, projeté littéralement dans le Japon de l’ère Sengoku, en 1568. Échappant de peu à la mort, Ken est recueillie par la jeune Natsu, forgeronne de son état, et malgré son amnésie l’empêchant de se souvenir de sa vie d’avant – à notre époque – Ken fait preuve de très grandes compétences en cuisine, voyant ainsi sa renommée prendre rapidement de l’ampleur. Cette renommée est telle qu’il se retrouve demandé par le daimyo le plus influent de l’époque, le célèbre Oda Nobunaga, connu comme étant le premier des trois unificateurs du Japon et réputé pour être un général sanguinaire et sans pitié. Les talents de cuistot de Ken seront utilisés par Nobunaga, utilisant ainsi la cuisine comme élément politique

 

Les personnages :

 

Mitsuru Nishimura parsème son récit des personnages historiques influents de l’époque : Oda Nobunaga bien entendu, mais aussi les deux autres unificateurs du Japon, Hideyoshi Toyotomi dit « le singe » et Ieyasu Tokugawa dit « le raton ». Nous rencontrerons aussi la femme officielle de Nobunaga, Nohime, l’un de ses plus fidèles lieutenants, Yoshinori Mori et son futur « assassin », Mitsuhide Akechi. Bref, du beau monde, qui a marqué profondément l’histoire du Japon. Si Oda Nobunaga fait preuve d’un très grand charisme (même si l’auteur le montre bien moins impitoyable que les représentations habituelles), Hideyoshi Toyotomi est lui montré de manière moins flatteuse malgré, une ardeur au combat qui permet de voir en lui ce fameux guerrier qui poursuivra l’œuvre de Nobunaga. Idem concernant Ieyasu Tokugawa : ventripotent et avec un charisme quasi-nul, il est loin d’être à son avantage… Quant à notre héros, il se retrouve donc au milieu de tous ses personnages historiques, avec pour seule arme ses ustensiles de cuisine. N’ayant que des éclairs de sa vie passée, Ken sait deux choses : la cuisine est son élément et les événements de cette période de l’histoire lui sont connus avec une certaine exactitude. Mais rien sur le lieu d’où il vient, ses anciens camarades arrivés avec lui ayant été assassinés. Quoiqu’il en reste peut-être encore d’autres en vie et que la scène de départ nous laisse penser qu’il retrouvera son monde… Autre personnage important : la forgeronne Natsu, dont le métier de forgeron n’est possible que parce qu’elle est encore vierge. Se faisant passer pour un garçon lors de sa rencontre avec Ken, les liens entre elle et notre cuisinier deviennent de plus en plus étroits, à tel point qu’Oda Nobunaga permettra à Ken de passer du temps seul à seul avec la jeune fille, chose peu habituelle pour le daimyo.

 

Le graphisme :

 

Tout commence par les couvertures, où l’impression de voir notre héros Ken en samouraï est très forte alors qu’il tient sur le volume 1 une poêle et sur le volume 2 un hachoir, avec des couleurs très chaudes qui attirent forcément l’œil. Bref, Takuro Tajikawa nous interpelle immédiatement et le contenu est à la hauteur de cette mise en bouche. Aucun trouble possible concernant les personnages, tous facilement distincts, des scènes de combat, de vie de tous les jours ou de cuisine parfaitement retranscrites, où les émotions passent sans peine et surtout la force des regards et des jeux de contraste, notamment en ce qui concerne Oda Nobunaga. L’idée de faire apparaitre ses cheveux et sa moustache en blancs à certains moments insiste sur le côté parfois glaçant du personnage, pour un rendu très efficace. Bref, aucune fausse note de ce côté à signaler et un vrai plaisir à la lecture.

 

 

Le Chef de Nobunaga Visuel

 

Les attentes pour la suite :

 

Le contexte historique de la série est primordial car il y est question d’une période cruciale dans l’histoire nippone, entre le début de la pacification et de l’unification du pays par la violence sous l’impulsion d’Oda Nobunaga à l’arrivée progressive des étrangers et de leurs croyances avant la fermeture des frontières de 1641. On attend donc du scénariste, Mitsuru Nishimura, qu’il continue sur sa lancée des deux premiers volumes, où les événements importants de cette période sont narrés avec intelligence, notamment lorsqu’il est question d’insérer Ken et sa cuisine dans des événements politiques majeurs. C’est fait avec finesse et on espère qu’il en sera de même dans la suite. L’autre principale attente concerne le passé de Ken et son influence sur l’histoire qu’il vit. Totalement en retrait pour le moment, hormis quelques flashs qui reviennent en mémoire du cuisinier, il ne faudra pas omettre cette partie majeure de l’intrigue.  Et il faut qu’il y ait toujours une petite recette de cuisine en fin de tome, histoire de pouvoir imiter Ken !

 

Les réserves pour la suite :

 

Elles concernent plusieurs points. Tout d’abord, il faut espérer que la cuisine ne prenne pas plus de place qu’actuellement. Utilisée avec parcimonie, les différents passages derrière les fourneaux de notre héros sont plutôt efficaces. Mais sur la durée, on pourrait rapidement être lassé des superlatifs utilisés pour décrire les plats confectionnés par Ken… Si, pour le moment, l’influence de Ken sur les événements historiques est assez faible, il faut espérer qu’il en soit de même pour la suite, car les auteurs auront du mal à nous faire croire que l’on peut résoudre les conflits par de bons petits plats. Le retour dans son époque de Ken sera aussi à amener convenablement, ce qui n’est jamais simple.

 

A suivre ? 

 

Quiconque s’intéresse un tant soit peu au Japon et à son histoire singulière sera forcément intéressée par l’époque Sengoku, qui fait partie des plus fascinantes à suivre. Le chef de Nobunaga peut donc permettre de s’instruire sur cette période troublée tout en se divertissant et en se léchant les babines, les plats préparés par Ken mettant l’eau à la bouche. On joint donc l’utile à l’agréable dans une édition de très bonne qualité. Bref, voici l’une des nouveautés de ce début d’année à lire et à déguster sans modération !

 

EDIT : petite rectification. Komikku m’a annoncé que Le chef de Nobunaga était le second meilleur lancement de leur (courte) histoire ! Le titre est donc peut-être beaucoup plus populaire que je ne le pensais, ce qui est forcément une excellente nouvelle !

Publicités

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s

%d blogueurs aiment cette page :