Garôden – Jirô Taniguchi, Baku Yumemakura

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7 octobre 2013 par sweetmadonna

Jirô Taniguchi est un auteur qu’on ne présente plus. Baku Yumemakura est un romancier que l’on ne devrait plus avoir à présenter, notamment pour sa participation à de nombreux mangas (Le sommet des dieux, Taiten no Ken, Onmyoji…). Et les deux auteurs nous proposent donc Garôden, récit initiatique suivant Bunshichi Tanba, combattant ne vivant que pour devenir le plus fort… Ce one-shot n’est d’ailleurs pas la seule adaptation du roman de Baku Yumemakura puisque Keisuke Itadaki, le mangaka de Baki, en a également fait une série de plus de 25 volumes ainsi qu’un spin-off. Bref, c’est la version de monsieur Taniguchi dont nous allons parler aujourd’hui, un one-shot de près de 300 pages au format 15,2 x 21,2cm disponible sous le label Sakka de Casterman.

 

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Le synopsis de l’éditeur : C’est l’histoire d’une quête d’absolu. D’absolu dans le combat. La quête de Tanba a peut-être commencé pour savoir qui était le plus fort, mais quand le récit de Taniguchi et Yumemakura commence, on est déjà loin de ça. Tanba s’est formé dans les principes du Karaté, mais a découvert – à ses dépens – que les lutteurs professionnels (le catch), n’étaient pas tous des comédiens, que parmi eux se trouvaient de vrais bêtes de combat cheminant comme lui sur la voie du combat à mains nues. Il a donc développé une technique hybride, avec des percussions au poing ou au pied, et des immobilisations. Tanba a perdu un seul combat dans sa vie, contre un jeune catcheur inconnu : Kajiwara. À la suite de quoi il a passé trois ans à comprendre pourquoi il avait perdu et à se perfectionner pour se dépasser. Mais Kajiwara n’est pas resté le même non plus, il est maintenant une star du catch professionnel. Quand il revient au Japon après une carrière internationale, cela fait six ans que Tanba l’attend. Pas pour prendre sa revanche, non, un mot aussi vulgaire n’appartient pas au vocabulaire des affamés d’absolu.

 

 

Comme vous pouvez vous en douter, il est question dans Garôden de combats, mais surtout de cette drôle de quête qui fait parfois tourner la tête de certains combattants, celle d’être désigné comme le plus fort. Et c’est bien tout ce qui anime notre héros Bunshichi Tanba, ancien karatéka devenu dôjô-yaburi, c’est-à-dire un combattant mettant au défi un dôjô (pratique assez connue des lecteurs de mangas, qu’il s’agisse de Kenshin ou de Vagabond, par exemple). Cette volonté d’affronter toujours plus fort (et de gagner surtout) voit son origine dans un fait tragique qui s’est déroulé lorsqu’il avait 20 ans, avec la mort de l’un de ses senpaïs dans une rixe avec des yakuzas, sous ses yeux. A 25 ans, Bunshichi Tanba va subir une défaite le marquant profondément face à un futur catcheur professionnel,Kawajira. Cette défaite sera sa motivation suprême dans sa quête d’absolu dans le combat, qui ne pourra se conclure qu’avec une nouvelle confrontation contre son bourreau…

 

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Vouloir devenir le plus fort est l’un des principaux axes des shônens de combat classiques. Evidemment, nous avons ici un seinen (avec sa dose de violence et de sexe, typique des récits mêlants combattants, mafia et quête du plus fort) qui ne s’adresse pas au même public et dont le but final est complètement différent. Néanmoins, cette trame de fond très légère peut être un frein pour certains lecteurs, qui ne pourraient aborder le sujet que superficiellement. Et pourtant, les dernières pages du titre montrent que les réflexions sur le combat, sur le sens de la vie de notre héros, de ses actions passées, présentes et futures sont loin d’être anecdotiques et le cheminement de notre karatéka/lutteur le prouve plutôt bien. Et cette dernière phrase est d’une profondeur remarquable…

 

 

Graphiquement, Jirô Taniguchi livre un travail très propre, tant dans les scènes dites « classiques » que dans celles d’action, que cela soit dans un combat de rue ou dans une véritable lutte acharnée au sol où les prises, les clés et autres coups se succèdent. En comparaison, All rounder Meguru, de Hiroki Endo (chez Panini), est nettement moins clair dans ces actions de lutte au sol, rendant la sensation bien différente et moins « prenante ». Bref, avec un titre de 1990, Taniguchi montre qu’il n’a pas grand chose à envier aux auteurs d’aujourd’hui, malgré un dessin qu’il jugeait encore perfectible sur bien des points.

 

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One-shot se présentant comme une réflexion sur une vie axée sur le combat et la quête du plus fort, Garôden n’est pas un chef d’oeuvre et ne fait pas non plus partie des meilleurs Taniguchi, loin de là. Mais il est très loin d’être mauvais et si le récit est efficace et bien mené, la conlusion mettant en avantl’introspection du héros mérite que l’on prenne 30 minutes pour découvrir ce titre.

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3 réflexions sur “Garôden – Jirô Taniguchi, Baku Yumemakura

  1. Darkjuju dit :

    Une oeuvre intéressante, qui a un peu vieillit, clairement pas le meilleur de Taniguchi, mais une lecture agréable et dans un style qui ne fait plus aujourd’hui. A découvrir.

    • sweetmadonna dit :

      Je n’ai pas encore eu le temps de répondre à tous tes messages mais je tenais à te remercier pour tes interventions, toutes argumentées ! C’est très appréciable, d’autant que c’est rare. Donc merci ! Pour Garôden, c’est vraiment un titre à part dans la bibliographie de Taniguchi et j’ai bien aimé qu’on ait enfin le droit à autre chose que de la (souvent très bonne) tranche de vie. On peut alors apprécier les qualités graphiques de l’auteur, qui ne faiblissent pas dans les scènes de combat. Bref, très intéressant pour voir que la palette de Taniguchi est plus large que l’image qu’on en a habituellement. 😉

  2. Darkjuju dit :

    merci pour ton retour, j’essaye d’avoir un avis construit et une analyse de ce que je lit. De plus je peux comparer avec les nombreux mangas que j’ai pu lire ;).
    Il est vrai qu’en France nous connaissons Taniguchi par ses tranches de vies touchantes et nostalgiques. Mais l’auteur n’a pas commencé par ce type d’histoire et nous découvrons petit à petit ses anciennes oeuvres. Dans son interview/biographie il indique qu’il ne souhaite pas tout publier, c’est fort dommage, j’espère qu’il changera d’avis.

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